Dialogue Culturel entre le Maroc et l’Argentine : Les résonances insoupçonnées entre le Sahara et la Pampa

La Capitale Argentine a été, jeudi soir, le théâtre d’un échange d’une rare intensité intellectuelle et émotionnelle sur les traditions et les scènes de vie qui rapprochent le Sahara Marocain des vastes étendues de la Pampa Argentine.

L’échange a réuni, face à un public avisé rassemblé à la maison de la province de Santa Fe à Buenos Aires, l’Ambassadeur du Maroc, Fares Yassir, et l’écrivain argentin Santiago de Luca.
Sous le signe du dialogue interculturel, les deux intervenants ont esquissé, à travers un jeu de miroirs subtil, les échos profonds reliant le Sahara marocain et la Pampa argentine, deux territoires emblématiques aux antipodes, mais unis par une même poésie des grands espaces.
Fares Yassir a su, avec une érudition teintée de sensibilité, évoquer les traits saillants du Sahara marocain : l’héritage immatériel sahraoui, la richesse de la poésie hassanie inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO, les traditions séculaires du thé sucré et « enturbanné », rituel d’une hospitalité légendaire, et l’attrait irrésistible que la région exerce sur les voyageurs en quête d’authenticité et d’immensités.
Il a dépeint un désert où le silence devient langage, où les dunes s’offrent comme un poème vivant, et où l’homme, sans jamais dompter la nature, s’en fait humble interprète.
L’Ambassadeur du Maroc a décrit méticuleusement les expressions culturelles qui ont façonné à travers l’histoire le quotidien des habitants du Sahara : de la transmission orale de la culture à la cérémonie légendaire du thé en passant par les échanges conviviaux, sous le ciel étoilé du Sahara, via la poésie et le chant hassanis.
Le diplomate marocain est également revenu sur les attraits touristiques du Sahara marocain grâce à un effet d’appel naturel des grands espaces et à l’immensité du littoral du sud du Maroc, ainsi que sa disposition naturelle à la pratique du kitesurf.
En écho, Santiago de Luca a brossé le tableau vibrant de la Pampa argentine, vaste plaine humide façonnée par les gauchos, ces cavaliers libres, poètes de l’horizon. Il a souligné l’importance des rimes populaires, des chants mélancoliques exaltant l’honneur, la terre et l’amour, et a comparé le maté, breuvage national partagé de main en main, au thé à la menthe, symboles l’un et l’autre d’une convivialité ancestrale.
L’écrivain argentin a esquissé un parallèle entre les gauchos et les nomades sahraouis, deux figures de la liberté chevauchant des paysages infinis.
Santiago de Luca a indiqué dans la foulée que des recherches historiques ont mis en lumière les origines mauresques du gaucho argentin, notamment sa grande dextérité à monter les chevaux, à l’image du légendaire cavalier Zénate, et sa propension naturelle à décrire les paysages et les émotions à travers la rime et la poésie.
Ce dialogue raffiné n’a pas manqué de mettre en évidence les résonances profondes entre les deux cultures : rapport viscéral à la terre, art de la parole chantée, hospitalité comme ciment social et capacité à faire du dénuement un espace de création.
Au-delà des géographies diamétralement opposées, ce sont des valeurs partagées que les deux hommes ont exaltées, témoignant ainsi de l’universalité des expériences humaines.
Pour sa part, Hernan Rossi, secrétaire de la délégation de la province de Santa Fe à Buenos Aires, a salué ce dialogue entre l’Argentine et le Maroc, unis par les valeurs de solidarité, d’hospitalité et par leur conviction profonde que toute prospérité économique est tributaire de l’intégration complémentaire et d’un partage win-win.
En apothéose de ce dialogue culturel, l’assistance a visité une exposition d’art pictural marocain, avant de prolonger le dialogue entre les deux pays sur le registre gastronomique, en dégustant une sélection raffinée de mets marocains et argentins.
La soirée aux relents nostalgiques s’est achevée sur une invitation mutuelle à poursuivre ces échanges, jetant un pont entre le sud marocain et le cœur argentin. Elle a illustré, avec une rare élégance, que la culture est sans doute la plus belle des passerelles entre les peuples.
La rédaction/Le7tv



