Industrialisation en Afrique : L’Algérie s’enfonce dans ses contradictions économiques face au Maroc qui prend la place du leader

Le dernier classement de la Banque Africaine de Développement (BAD) a agi comme un véritable révélateur des transformations économiques en cours sur le continent. Pour la première fois, le Maroc s’est hissé à la première place de l’Indice africain de l’industrialisation 2025, dépassant l’Afrique du Sud et confirmant l’efficacité d’une stratégie industrielle bâtie sur la diversification, l’investissement et l’ouverture internationale.
Cette consécration continentale contraste fortement avec la situation de l’Algérie, classée derrière plusieurs économies africaines malgré des décennies de revenus colossaux tirés des hydrocarbures. Selon le rapport de la BAD, le Maroc s’impose désormais comme la principale puissance industrielle du continent grâce à la montée en puissance de secteurs à forte valeur ajoutée tels que l’automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables, la logistique et les industries d’exportation.
Le Royaume récolte aujourd’hui les fruits d’une vision économique engagée depuis plus de vingt ans. Zones industrielles intégrées, infrastructures portuaires de rang mondial, accords de libre-échange, investissements massifs dans la formation et stratégie d’attractivité pour les multinationales ont progressivement transformé le paysage industriel marocain. Tanger Med, devenu l’un des plus grands hubs logistiques du monde, symbolise à lui seul cette mutation profonde.
À l’inverse, l’Algérie continue de souffrir d’une dépendance structurelle aux revenus du pétrole et du gaz. Malgré des ressources énergétiques considérables et des recettes exceptionnelles accumulées durant plusieurs décennies, l’économie algérienne peine à construire un tissu industriel diversifié capable de rivaliser avec les grandes économies émergentes du continent.
Cette situation nourrit de nombreuses interrogations chez les observateurs économiques africains. Comment un pays disposant d’importantes ressources naturelles et financières peut-il se retrouver distancé dans les classements industriels par un voisin ayant fait le choix d’investir massivement dans la transformation industrielle, l’exportation et l’intégration aux chaînes de valeur mondiales ?
Le contraste apparaît d’autant plus saisissant que le Maroc s’est imposé comme le premier constructeur automobile du continent, attire les plus grands groupes aéronautiques internationaux et développe désormais des filières industrielles avancées dans les technologies, les batteries électriques et les énergies vertes.
Pendant ce temps, les critiques visant le modèle économique algérien soulignent régulièrement le poids de la bureaucratie, les difficultés d’attraction des investissements étrangers, la faible diversification des exportations ainsi que l’incapacité à transformer durablement la rente énergétique en moteur de modernisation industrielle.
Au-delà des chiffres, le classement de la BAD met surtout en lumière deux visions radicalement différentes du développement. D’un côté, le Maroc a choisi de miser sur l’industrie, l’innovation, la logistique et l’intégration économique internationale. De l’autre, l’Algérie continue de faire face aux limites d’un modèle largement dépendant des hydrocarbures et vulnérable aux fluctuations des marchés énergétiques.
La première place continentale obtenue par le Royaume n’est donc pas seulement une performance statistique. Elle consacre une trajectoire économique construite sur la durée et confirme le positionnement du Maroc comme l’une des plateformes industrielles les plus dynamiques d’Afrique.
Alors que la compétition économique s’intensifie sur le continent, ce nouveau classement apparaît comme un signal fort : l’avenir industriel africain se construit désormais autour des économies capables d’innover, de produire et d’exporter. Et dans cette nouvelle géographie de la puissance économique africaine, le Maroc occupe désormais la première marche du podium.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



