Les Néonatologues Africains en conclave à Laâyoune

Le 1er Congrès Africain de Néonatologie s’est ouvert, vendredi à la Faculté de médecine et de pharmacie de Laâyoune, avec la participation d’une pléiade de professionnels et d’experts de la santé africains et étrangers.

Initié par le Laboratoire de Recherche « L’Enfance, la Santé et le Développement » de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, sous le thème « Expérience, innovation et soins néonataux », ce conclave de deux jours (27 et 28 mars) est l’occasion de débattre des enjeux liés à la santé néonatale, dans une approche fondée sur la concertation, l’échange d’expériences et de savoirs et le renforcement de la coopération Sud-Sud.
Organisé en partenariat avec la Société Marocaine de Pédiatrie et l’Association de Pédiatrie de Marrakech, ce congrès met aussi en avant l’importance du renforcement de la formation initiale et continue au profit des médecins du continent, en tant que leviers essentiels pour améliorer la prise en charge de la santé des nourrissons, en adéquation avec les réalités du terrain.
À cette occasion, le président du congrès, Fadl Mrabih Rabou Maoulainine, a indiqué que cette manifestation scientifique se veut un espace privilégié de renforcement des capacités et de mise en réseau entre professionnels de santé, dans l’objectif de faire face aux défis liés à la mortalité néonatale, considérée comme une priorité majeure de santé publique en Afrique.
Dans une déclaration à la MAP, M. Maoulainine, qui est aussi chef du service de réanimation néonatale au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Mohammed VI de Marrakech, a noté que ce congrès vise à réunir les médecins praticiens et spécialistes impliqués dans la prise en charge des nouveaux-nés autour de thématiques prioritaires pour l’Afrique, avec une approche résolument pratique et fondée sur les données probantes.
Pour sa part, le président de l’Association africaine de pédiatrie, Dr Afif Moulay Saïd, a souligné que ce congrès réunissant des participants issus de différents pays africains, s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la coopération Sud-Sud, à travers des ateliers pratiques et des échanges d’expériences pour améliorer la prise en charge des nouveaux-nés.
« La néonatologie est une spécialité qui requiert des compétences humaines, d’où la nécessité de constituer un Réseau africain de néonatologie, d’échanger les expériences, et de promouvoir les recherches médicales », a expliqué Dr Afif Moulay Saïd, qui est aussi président de la société marocaine des sciences médicales.
Il a également fait savoir qu’un master de néonatologie, le premier de son genre au Maroc, sera lancé par l’Université Mohammed Ier d’Oujda, en collaboration avec l’université Mohammed V de Rabat et l’université Mohammed VI des Sciences et de la Santé, grâce à l’engagement du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation.
De son côté, le président d’honneur de la Société Sénégalaise de Pédiatrie, Pr. Ousmane N’Diaye, a souligné que cette rencontre marque le début d’une collaboration renforcée entre les néonatologistes africains, à travers la mise en place de réseaux dynamiques dédiés à la recherche, à la formation et au partage d’expériences.
Pr N’Diaye a aussi relevé que ce congrès intervient dans un contexte où la mortalité néonatale demeure un défi majeur pour les systèmes de santé, notant que, malgré des avancées notables, de nombreux nouveau-nés continuent de succomber à des causes évitables, notamment la prématurité, les infections, l’asphyxie à la naissance et les complications liées à la grossesse et à l’accouchement.
Face à cette situation, il a mis l’accent sur l’importance de réduire de manière significative la mortalité néonatale et de participer activement à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030.
Pour y parvenir, il a appelé au renforcement de plusieurs leviers, notamment la qualité des soins à la naissance et durant la période néonatale, la formation initiale et continue des professionnels de santé, et l’accès équitable aux services de santé, ainsi que le développement de la recherche opérationnelle en Afrique.
Même son de cloche chez le président de la Société Gabonaise de Pédiatrie, Pr Simon Ategbo, qui a souligné que la mortalité néonatale est encore très élevée en Afrique, précisant que 2,5 millions de nouveaux-nés meurent chaque année et que 30 millions de nouveaux-nés de faible poids et malades ont besoin d’avoir accès à des services de qualité.
Dans l’optique de réduire le fardeau de la mortalité néonatale, il a souligné l’impératif de mener des actions prénatales axées sur le suivi prénatal régulier, le dépistage des infections maternelles et la supplémentation nutritionnelle, ainsi que d’autres interventions liées à l’accouchement assisté par un personnel qualifié, la réanimation néonatale et la prise en charge adéquate des complications obstétricales.
Cet événement scientifique d’envergure est marqué par la participation des présidents de sociétés savantes de pédiatrie et de néonatologie issus de plusieurs pays africains, dont le Sénégal, la Mauritanie, le Gabon, le Mali et la Côte d’Ivoire.
Le programme scientifique du congrès comprend plusieurs conférences et ateliers thématiques visant à améliorer les pratiques médicales, à promouvoir la recherche et à favoriser le partage d’expériences autour de problématiques concrètes liées à la prise en charge de la santé des nouveaux-nés.
La rédaction/Le7tv (avec MAP)



