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Lisbonne : Nawal El Moutawakel appelle à investir dans un sport sûr, inclusif et porteur de changement

La vice-Présidente du Comité International Olympique (CIO), Nawal El Moutawakel, a appelé, mercredi à Lisbonne, à œuvrer aux côtés du mouvement olympique pour investir dans un sport sûr, inclusif, accessible et porteur de transformation sociale.

“Faire du sport un véritable droit pour tous est un pas vers un avenir plus juste, solidaire et durable”, a affirmé Mme El Matawakel dans une allocution prononcée lors de la cérémonie de remise du Prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe, attribué à l’initiative soutenant la participation des réfugiés aux Jeux olympiques et paralympiques, menée par le CIO, la Fondation pour l’équipe olympique des réfugiés et le Comité paralympique international.

“Nombre de personnes, si l’occasion leur est donnée, peuvent réussir et s’épanouir grâce au sport”, a assuré la vice-présidente du CIO, mettant en avant le rôle du sport en tant qu’outil efficace d’intégration des réfugiés dans les sociétés d’accueil et en tant que plateforme exceptionnelle permettant d’offrir visibilité, dignité et voix à des millions de personnes réfugiées à travers le monde.

Mme El Moutawakel, qui a reçu la distinction des mains du Président de la République portugaise, Marcelo Rebelo de Sousa, et du Président de l’Assemblée de la République, José Pedro Aguiar-Branco, a relevé que “la force du sport comme levier de protection et d’inclusion est connue depuis longtemps”, mettant en avant la volonté croissante de faire du sport un levier stratégique dans les politiques publiques et les réponses aux crises.

Elle a rappelé que le monde est confronté à des crises interconnectées (changement climatique, inégalités sociales et économiques, crises sanitaires, conflits prolongés et déplacements massifs de populations) ce qui appelle à des solutions efficaces, inclusives et à fort impact. Le sport, a-t-elle dit, peut atteindre un large public, en particulier les enfants, les jeunes, les femmes, les minorités, les personnes en situation de handicap et les communautés déplacées.

Soulignant que les villes accueillent la majorité des réfugiés, Mme El Moutawakel a insisté sur la responsabilité des autorités locales dans la création d’opportunités d’inclusion, notamment pour les jeunes déplacés confrontés au chômage, à la discrimination, à l’isolement et à des difficultés en matière de santé mentale. Le sport, a-t-elle indiqué, constitue un espace sûr, créateur de lien, de confiance et de sentiment d’appartenance.

La cérémonie a également été marquée par la remise du Prix Nord-Sud à Miguel Ángel Moratinos, Haut-Représentant pour l’Alliance des civilisations des Nations unies, à Leila Marques, vice-présidente du Comité paralympique international, ainsi qu’aux sportives Cindy Ngamba et Zakia Khudadadi, premières médaillées des équipes olympique et paralympique des réfugiés.

A cette occasion, M. Moratinos a exprimé sa profonde gratitude, affirmant qu’”une véritable paix ne se construit pas seulement par les traités, mais par une pratique quotidienne du dialogue, de l’empathie et du respect mutuel”. Il a qualifié la récompense d’expression d’une responsabilité partagée visant à renforcer les liens humains au-delà des frontières.

Cette reconnaissance, a-t-il poursuivi, n’est pas seulement personnelle, elle “représente aussi tous les collègues, partenaires, jeunes et responsables religieux et communautaires qui l’ont soutenu dans son engagement pour la compréhension entre les cultures et les civilisations”.

Selon M. Moratinos, ce prix est un appel à poursuivre les efforts pour bâtir une humanité unie et faire de la diversité une source de paix et cette distinction renforce son engagement personnel à poursuivre le dialogue et à œuvrer pour un avenir plus inclusif, juste et durable.

De son côté, Leila Marques, a souligné que l’engagement envers les athlètes réfugiés s’est accru depuis les Jeux paralympiques de Rio de Janeiro en 2016.

“Toute personne en situation de handicap devrait avoir le droit et la possibilité de pratiquer un sport. À Paris, huit athlètes et un accompagnateur ont participé, et leurs exploits resteront à jamais gravés dans les mémoires”, a-t-elle dit.

Zakia Khudadadi a déclaré dans un discours poignant qu’elle n’avait jamais cessé de pratiquer un sport, même dans les moments de désespoir. “Le sport est synonyme de liberté et de dignité, de paix et d’égalité. À Paris, lorsque j’ai reçu ma médaille, ce fut un moment symbolique pour toutes les Afghanes et pour tous les réfugiés du monde”, a-t-elle dit.

Cindy Ngamba, qui a remporté la première médaille pour l’équipe olympique des réfugiés, a affirmé dans un témoignage similaire avoir ressenti une immense pression avant la compétition à Paris, car elle représentait “des millions de personnes déplacées, marginalisées et victimes de discrimination”.

Parmi les précédents lauréats du Prix Nord-Sud figurent notamment l’ancien Président portugais Jorge Sampaio, la Reine Rania de Jordanie, Luiz Inácio Lula da Silva, Boris Tadić, Mary Robinson, ainsi que Kofi Annan et Suzanne Jabbour.

La rédaction/Le7tv

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