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Hooliganisme dans les stades Marocains : Jusqu’à quand tolérer l’inacceptable ?

Une fois de plus, le football marocain se retrouve pris en otage par des comportements indignes qui n’ont rien à voir avec le sport. À l’issue de la rencontre très attendue entre l’AS FAR et le Raja Club Athletic, disputée au complexe sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat, la fête sportive a viré au chaos. Résultat : 136 personnes placées en garde à vue, deux mineurs impliqués, et des dégâts matériels qui témoignent d’un déferlement de violence aussi absurde qu’inacceptable.

Ce qui aurait dû rester un moment de passion et de rivalité sportive s’est transformé en scène de désolation. À peine le coup de sifflet final donné, des groupes de pseudo-supporters ont semé le trouble bien au-delà de l’enceinte sportive, étendant leurs actes de vandalisme à des quartiers entiers. Voitures saccagées, biens publics dégradés, engins incendiés, forces de l’ordre prises pour cible : le tableau est affligeant.

Une dérive inquiétante et répétée:

Ce nouvel épisode de hooliganisme n’est malheureusement pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une spirale de violence qui gangrène progressivement les stades marocains et leurs alentours. Derrière l’excuse de la passion du football, certains individus s’adonnent à des actes de pur vandalisme, ternissant l’image du sport et mettant en danger la sécurité des citoyens.

Il faut cesser de minimiser ces agissements. Ce n’est pas du « débordement », ni de « l’excès d’enthousiasme » : c’est de la délinquance pure et simple. Et elle doit être traitée comme telle.

L’incivisme comme norme ?

Le plus alarmant reste cette banalisation inquiétante de l’incivisme. Comment justifier que des supporters s’attaquent à des biens privés ou publics pour un résultat sportif ? Comment tolérer que des quartiers entiers soient pris en otage par des groupes incontrôlés ?

Le football ne peut pas continuer à servir de prétexte à ces comportements. Il est urgent de réaffirmer une évidence : être supporter n’autorise ni la violence, ni la destruction, ni l’irresponsabilité.

Tolérance zéro et responsabilité collective:

Face à cette dérive, les réponses doivent être à la hauteur de la gravité des faits. L’identification des fauteurs de troubles via les caméras de surveillance est un pas dans la bonne direction, mais cela ne suffit plus. Il faut aller plus loin : sanctions exemplaires, interdictions de stade, responsabilisation des clubs, et surtout un travail de fond sur l’éducation aux valeurs du sport.

Les clubs, les autorités, mais aussi les supporters eux-mêmes doivent prendre leurs responsabilités. Le football marocain mérite mieux que ces images de chaos qui reviennent, match après match, comme une triste habitude.

Sauver l’esprit du sport:

Car au fond, c’est bien cela qui est en jeu : l’âme même du football. Ce sport, censé rassembler, devient trop souvent un terrain d’affrontement et de haine. Il est encore temps d’agir, mais le temps de l’indulgence est révolu.

Le spectacle offert après ce match à Rabat est une honte. Et tant que ces actes ne seront pas combattus avec fermeté et constance, ils continueront de se reproduire. Le football doit rester une fête. Pas un champ de bataille.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv

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