Black-out en Algérie : Quand la « puissance régionale autoproclamée » plonge dans le noir total !

Pendant des années, le régime militaire algérien a construit un récit grandiose : celui d’une prétendue « puissance régionale », d’un État fort, d’une armée omnipotente et d’un pays qui se présente volontiers comme un modèle de stabilité et de souveraineté. Puis, il a suffi d’une gigantesque panne d’électricité !…
En l’espace de quelques heures, une grande partie de l’Algérie s’est retrouvée plongée dans l’obscurité. Des villes entières paralysées, des hôpitaux sous tension, des entreprises à l’arrêt, des commerces fermés, des réseaux de communication perturbés et des millions de citoyens livrés à eux-mêmes dans un silence assourdissant… celui des autorités. Le plus frappant n’est pas seulement la panne. C’est la gestion de la panne. Ou plutôt son absence.
Pendant que les Algériens cherchaient désespérément des informations, le pouvoir semblait incapable d’expliquer clairement l’origine de la coupure, son ampleur ou le délai de rétablissement. Comme souvent dans ce système opaque, le réflexe n’a pas été de communiquer, mais de se taire. Le black-out électrique a rapidement été rejoint par un black-out médiatique.
Dans un État qui consacre des milliards à son arsenal militaire et à sa propagande diplomatique, comment expliquer qu’un incident énergétique puisse plonger tout un pays dans une telle confusion ?…Comment un pays qui se vante quotidiennement d’être une superpuissance énergétique, premier exportateur de gaz du continent africain, peut-il laisser sa propre population dans le noir pendant des heures, voire davantage ?
Voilà tout le paradoxe: L’Algérie exporte de l’énergie… mais peine parfois à garantir l’électricité à ses propres citoyens. Elle se rêve puissance continentale… mais semble incapable d’assurer la résilience de son propre réseau national.
Elle multiplie les discours sur son influence stratégique… tandis que les familles cherchent simplement à conserver leurs aliments dans un réfrigérateur devenu inutile.
Pendant que les médias officiels célèbrent sans relâche les « exploits historiques » du régime, la réalité, elle, rappelle brutalement qu’aucune propagande ne remplace des infrastructures modernes, une gouvernance efficace et une communication transparente.
Les conséquences d’un tel effondrement électrique ne sont pas anodines. Des patients dépendant d’appareils médicaux peuvent voir leur vie menacée. Les ascenseurs deviennent des pièges. Les feux de circulation cessent de fonctionner. Les systèmes bancaires ralentissent. Les réseaux d’eau potable peuvent être affectés. Les entreprises enregistrent des pertes importantes. Les commerces voient leurs stocks périssables détruits.
Dans n’importe quel pays moderne, un événement d’une telle ampleur donne lieu à une communication permanente, à des conférences de presse, à des explications techniques détaillées et à une prise de responsabilité politique. En Algérie, il semble surtout donner lieu à un concours de silence.
Le régime trouve toujours l’énergie nécessaire pour commenter les affaires de ses voisins, distribuer des leçons de géopolitique, financer une diplomatie de confrontation ou alimenter des campagnes médiatiques contre le Maroc.
Mais lorsqu’il s’agit de répondre aux préoccupations immédiates des citoyens algériens, les projecteurs s’éteignent… littéralement. Cette panne géante agit finalement comme une métaphore du fonctionnement même du système.
La panne électrique de ces derniers jours restera sans doute comme un révélateur bien plus puissant que tous les communiqués officiels. Car parfois, il suffit qu’un pays soit plongé dans le noir pour que toute la lumière soit faite sur les faiblesses de son système.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



