Désolé, monsieur Ouahbi, mais ce n’est pas en jouant de la sorte qu’on gagne une Coupe du Monde !

Le Maroc est tombé. Battu 2-0 par la France en quart de finale de la Coupe du Monde 2026. Les Lions de l’Atlas quittent la compétition avec un immense sentiment de frustration. Non pas parce que la France était imbattable, mais parce que le Maroc a semblé renoncer à ses propres forces. Ce qui choque le plus, ce n’est pas la défaite. C’est la manière.
Pendant quatre-vingt-dix minutes, les Lions ont affiché un visage méconnaissable : une équipe terne, fatiguée, sans intensité, sans agressivité positive, comme paralysée par l’enjeu. Où était cette équipe capable de presser, d’étouffer son adversaire et de jouer avec audace ? À Boston, elle a laissé place à un collectif timoré, jouant avec la peur au ventre. La responsabilité du sélectionneur Mohamed Ouahbi est inévitablement posée.
Face à une équipe de France qui n’avait rien d’invincible, le plan de jeu est apparu excessivement prudent. Pendant de longues séquences, les Marocains ont semblé attendre les événements au lieu de les provoquer. Les transmissions étaient lentes, les appels rares, les initiatives individuelles quasiment inexistantes. On ne gagne pas une Coupe du Monde en subissant !!!…
Plus inquiétant encore : l’absence totale d’un véritable numéro 9 capable de peser sur la défense adverse. Depuis plusieurs rencontres, ce problème saute aux yeux. Le Maroc multiplie les balles en retrait. Les occasions sont trop rares parce qu’il manque tout simplement un finisseur. Comment prétendre viser le dernier carré d’une Coupe du monde sans véritable buteur ?
Et que dire de la gestion du banc ?…Les changements sont arrivés trop tard. Lorsque l’équipe avait besoin d’un électrochoc, les décisions ont tardé. Lorsque des joueurs semblaient à bout physiquement, ils sont restés sur le terrain. Le temps filait, le Maroc ne se procurait pratiquement aucune occasion nette, mais les ajustements tardaient à venir. À ce niveau de compétition, quelques minutes peuvent faire basculer un destin.
Le plus regrettable est que cette sélection possède pourtant un immense potentiel. Des joueurs évoluant dans les plus grands championnats européens, une défense de haut niveau, un gardien d’exception et un public extraordinaire. Pourtant, face à la France, tout cela a semblé s’effacer derrière une stratégie excessivement prudente.
Le football moderne récompense les équipes qui osent, qui prennent des risques calculés et qui jouent pour gagner. Les grandes nations ne deviennent pas championnes du monde en attendant une erreur adverse. Elles imposent leur rythme, leur personnalité et leur ambition.
Le Maroc possède les joueurs pour rêver plus grand. Encore faut-il leur donner les moyens d’exprimer leur talent. Une chose est certaine : ce n’est pas en jouant avec la peur, sans véritable avant-centre, avec des changements tardifs et un manque d’engagement que l’on soulève un jour la Coupe du Monde
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



