ONU: Omar Hilale briefe le Conseil de Sécurité sur la situation en République Centrafricaine


Omar Hilale a entamé son allocution en exprimant sa profonde gratitude à M. Faustin-Archange Touadéra, président de la République centrafricaine, pour l’accueil chaleureux réservé à la délégation onusienne, ainsi que pour la qualité des échanges qui ont eu lieu à Bangui.
Mettant en avant l’importance particulière de cette visite de par son timing et sa portée, l’ambassadeur a rappelé que ce déplacement, qui a coïncidé avec l’investiture du président Touadéra sous la septième République, a été l’occasion de réaffirmer le plein engagement de la communauté internationale à accompagner la République centrafricaine dans le processus de consolidation de la paix et de développement.
Évoquant les réunions de haut niveau que la délégation a eues avec de hauts responsables centrafricains notamment à Bangui et Bouar, M. Hilale a fait état d’un large et véritable consensus sur les avancées « importantes et louables » accomplies par la République centrafricaine, notant que les interlocuteurs de la délégation onusienne ont particulièrement mentionné le retour de la paix et de la stabilité sur la majeure partie du territoire national ainsi que la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation de 2019.
Ils ont également évoqué le déroulement pacifique et ordonné des élections présidentielle, législatives, régionales et locales de décembre 2025, le retour de plusieurs groupes armés dans le processus de paix au cours de l’année 2025, accompagné d’opérations d’envergure de désarmement et de démobilisation, ainsi que des avancées significatives en matière de justice transitionnelle, notamment le protocole de coopération signé entre la Cour pénale spéciale et la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation.
Énumérant les principales observations qui se sont dégagées de la visite de la délégation onusienne, le diplomate marocain a fait observer que la République centrafricaine a plus que jamais besoin du soutien et de l’accompagnement soutenus du Conseil de sécurité.
“Si le pays est entré dans une phase décisive et prometteuse, il n’a pas encore atteint une trajectoire autonome. Il convient de saisir la fenêtre d’opportunité ouverte par le cycle électoral et les progrès du processus de paix, et de la consolider grâce à un engagement international cohérent et continu, sans pour autant compromettre les acquis en matière de sécurité obtenus au prix d’années d’efforts collectifs”, a plaidé M. Hilale.
Il a, en outre, insisté sur l’importance de la MINUSCA qui demeure un “pilier central” de l’architecture actuelle, et dont la présence continue est jugée indispensable par le gouvernement et la population de la République centrafricaine.
“Si l’approche proactive de la Mission en matière de reconfiguration dans le contexte post-électoral est saluée, celle-ci continue néanmoins de faire face à des contraintes de liquidités susceptibles de compromettre l’exécution de son mandat”, a déploré l’ambassadeur, ajoutant que les États membres doivent s’acquitter intégralement et en temps voulu de leurs contributions afin de garantir que la MINUSCA puisse remplir son mandat.
Pour lui, tout ajustement futur de la Mission onusienne “devra être progressif, guidé par les conditions sur le terrain et échelonné en étroite concertation avec les autorités nationales et les partenaires”.
Le président de la Commission pour la Consolidation de la Paix et de la Configuration République centrafricaine, a, de même, évoqué la réintégration comme l’une des priorités les plus urgentes qui restent à traiter en matière de consolidation de la paix.
“Le désarmement et la démobilisation doivent s’accompagner d’investissements socio-économiques soutenus, de dividendes de la paix crédibles et d’une réconciliation au niveau communautaire”, a-t-il dit, signalant qu’un financement adéquat et prévisible sera essentiel pour soutenir cette phase.
Dans la même lignée, M. Hilale a mis l’accent sur l’importance de la justice transitionnelle qui “doit être soutenue en tant que priorité stratégique pour la consolidation d’une paix durable” en République centrafricaine, en se félicitant des progrès significatifs accomplis par la Cour pénale spéciale et la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation, ainsi que de la mise en œuvre du protocole de coopération entre ces deux institutions qui constitue, selon lui, une évolution positive.
De la même importance, la transition de la stabilisation vers le développement doit être gérée avec soin, en veillant à ce que la consolidation de la paix demeure un lien essentiel, a recommandé l’ambassadeur, soulignant que les engagements pris lors de la table ronde de Casablanca doivent se traduire par des décaissements concrets et rapides.
Dans la même veine, M. Hilale a fait part de la disposition de la Commission de consolidation de la paix à approfondir son engagement stratégique auprès de la République centrafricaine sur le long terme.
« Conformément aux résolutions issues de l’examen de l’architecture de consolidation de la paix, la Commission est bien placée pour maintenir l’attention politique, renforcer la cohérence entre consolidation de la paix et développement, et soutenir une évolution progressive de l’engagement international », a-t-il dit.
“C’est dans cet esprit que j’ai fait part au Président Touadéra de la disposition de la Commission à accueillir sa participation à une future réunion à New York – invitation qu’il a chaleureusement acceptée”, a conclu l’ambassadeur.
Cette réunion du Conseil de sécurité a été marquée notamment par la présentation du rapport du Secrétaire général des Nations Unies, par la Représentante spéciale du Secrétaire général et cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza.



