ONU: Le modèle Marocain de déradicalisation mis en avant lors d’une rencontre de haut niveau à Vienne

Le modèle holistique de déradicalisation, développé par le Maroc sous la Conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, sur plus de deux décennies, conjuguant leadership religieux, réforme institutionnelle et inclusion socio-économique, a été mis en avant lors d’une rencontre de haut niveau, organisée jeudi à Vienne.

Ouvrant cette rencontre, initiée par la Mission permanente du Maroc auprès des Nations Unies à Vienne avec le concours du département de la prévention du terrorisme relevant de l’Office de l’ONU contre la drogue et le crime (ONUDC), L’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des organisations internationales à Vienne, Azzeddine Farhane, a décliné les grands axes de la stratégie mise en œuvre sous l’Impulsion du Souverain.
L’expérience marocaine repose sur une conviction fondamentale qu’une paix durable ne peut être réalisée qu’à travers une stratégie globale qui s’attaque aux dimensions humaines, sociales, éducatives et spirituelles de la radicalisation », a dit M. Farhane lors de cette rencontre, tenue sous le thème : « Le modèle marocain de déradicalisation : deux décennies de réconciliation, de réhabilitation et de prévention ».
Il a précisé que cette vision a donné naissance à un modèle fondé sur trois piliers interdépendants, à savoir la prévention, la réhabilitation et la réinsertion.
Le Maroc a investi de manière significative dans la promotion des valeurs de modération, de tolérance et de coexistence pacifique à travers l’éducation, l’encadrement religieux et l’engagement dans l’objectif de renforcer la résilience face aux discours extrémistes en proposant des alternatives crédibles fondées sur le savoir, l’esprit critique et le respect de la diversité, a indiqué l’ambassadeur.
Après avoir mis en lumière les différents piliers de la stratégie marocaine, M. Farhane a souligné que le modèle marocain n’est pas simplement une stratégie de lutte contre le terrorisme. Il constitue, a-t-il dit, un investissement à long terme dans la résilience. « C’est une approche qui cherche à concilier sécurité et développement, prévention et réhabilitation, stabilité nationale et dignité humaine », a relevé le diplomate.
Dans un monde où l’extrémisme violent continue d’évoluer et de transcender les frontières, l’expérience marocaine « nous rappelle une vérité essentielle que la lutte contre la radicalisation est, en définitive, une bataille pour les esprits et les cœurs », a souligné M. Farhane.
Pour sa part, Sofiane Ahoujil, conseiller principal à la Délégation Générale de l’Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion, a passé en revue l’évolution du modèle marocain depuis 2003, soulignant que cette transformation repose sur la conviction que l’extrémisme violent ne peut être combattu uniquement par la sanction, mais également par la reconstruction intellectuelle, psychologique et sociale de l’individu.
Il a rappelé, dans ce sillage, le programme « Moussalaha » qui s’appuie sur quatre piliers fondamentaux, à savoir l’encadrement religieux et intellectuel, l’éducation juridique et aux droits humains, le soutien psychologique ainsi que la réinsertion socio-économique.
De son côté, Lahoucine Amedjar, directeur de la Radio Mohammed VI du Saint Coran et de la Chaîne Mohammed VI du Saint Coran, a mis l’accent sur le rôle de la Commanderie des Croyants, incarnée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Héritière d’une tradition historique séculaire, cette Institution constitue la source suprême de légitimité religieuse et garantit la protection des principes fondamentaux de l’Islam ainsi que des droits et libertés des citoyens, a-t-il dit.
En assurant l’unité du référentiel religieux national et en préservant la religion de toute instrumentalisation politique ou idéologique, la Commanderie des Croyants joue un rôle central dans la consolidation de la cohésion sociale et dans la prévention des discours extrémistes, a poursuivi l’intervenant, soulignant que sous le Leadership de Sa Majesté le Roi, Commandeur des Croyants, le Maroc a développé un cadre religieux fondé sur trois constantes, à savoir la doctrine acharite en matière de croyance, le rite malékite en matière juridique et le soufisme sunnite de tradition jounaidienne en matière de spiritualité.
Ce référentiel favorise la modération, l’ouverture à la diversité culturelle et l’adaptation aux réalités contemporaines, a-t-il expliqué, soulignant qu’à travers le Conseil supérieur des Oulémas, présidé par le Souverain, l’État encadre la production du discours religieux, réfute les interprétations extrémistes et promeut une compréhension équilibrée de l’Islam, contribuant ainsi à la sécurité spirituelle de la société.
La vision portée par la Commanderie des Croyants s’est également traduite par de profondes réformes institutionnelles au cours des deux dernières décennies, a-t-il indiqué, relevant que la restructuration du ministère des Habous et des Affaires islamiques, la modernisation de l’enseignement religieux, la formation des imams, mourchidines et mourchidates, ainsi que la création d’institutions dont l’Institut Mohammed VI de formation des imams et la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains, ont permis de renforcer la résilience face aux idéologies radicales.
Ce modèle holistique fait aujourd’hui du Maroc une référence internationale en matière de promotion d’un Islam du juste milieu, fondé sur la paix, la coexistence et le respect de la dignité humaine, a-t-il souligné.
Les échanges lors de cette rencontre de haut niveau marquée par la participation de plusieurs personnalités de marque, le Maroc s’est illustré comme l’un des acteurs de référence dans la redéfinition des approches de lutte contre l’extrémisme violent.
Le conclave, qui s’est tenu en marge de la 35e session de la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale (CCPCJ), a offert une plateforme de réflexion internationale sur la notion de sécurité, où les dimensions juridique et pénale se sont articulées avec les aspects humains, sociaux et spirituels afin de répondre aux défis posés par l’extrémisme et les discours haineux.
La rédaction/Le7tv



