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Kabylie, Indépendante : Le régime militaire Algérien face à ses propres contradictions

"Goûtez aujourd’hui à la même coupe amère que vous avez fait boire au Maroc depuis un demi-siècle" !…

L’histoire a parfois un sens implacable de l’ironie. Après avoir passé plus d’un demi-siècle à soutenir, financer et instrumentaliser des mouvements séparatistes contre le Maroc, le régime militaire algérien se retrouve aujourd’hui confronté à une revendication d’autodétermination en son propre sein : celle du peuple kabyle.

La Kabylie, terre de culture millénaire, de résistance et de dignité, revendique désormais ouvertement ce que le pouvoir d’Alger n’a cessé de refuser à ses propres citoyens : le droit à la liberté, à la reconnaissance et à la souveraineté. Une aspiration légitime, née de décennies de marginalisation, de répression politique et d’un mépris institutionnalisé par un régime verrouillé par les généraux.

Officiellement, le Maroc respecte l’intégrité territoriale de l’Algérie, conformément aux principes du droit international et à sa doctrine diplomatique constante. Mais dans l’opinion publique marocaine, comme chez de nombreuses personnalités intellectuelles, médiatiques et politiques, la cause kabyle résonne comme un rappel cinglant des contradictions d’un pouvoir algérien qui prêche à l’extérieur ce qu’il refuse à l’intérieur.

Depuis la décennie noire, la Kabylie a payé un lourd tribut à la violence d’État, aux arrestations arbitraires et à l’étouffement de toute expression politique autonome. Le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), qualifié de “terroriste” par Alger, n’est en réalité que le symptôme d’un système incapable d’offrir autre chose que la force et la peur pour gouverner.

Ce que redoute le régime algérien, ce n’est pas seulement la Kabylie, mais l’exemple qu’elle incarne : celui d’un peuple qui refuse l’ordre militaire, la confiscation de la souveraineté populaire et la transformation de l’État en appareil sécuritaire au service d’une caste. Un régime que ses propres opposants décrivent comme opaque, autoritaire et coupé de toute légitimité démocratique.

Les appels lancés par certains militants kabyles à solliciter un soutien moral et politique au Maroc illustrent moins une ingérence qu’un désespoir profond face à un pouvoir sourd à toute revendication pacifique. Ils rappellent surtout une vérité dérangeante pour Alger : on ne peut pas éternellement exporter l’instabilité, sans qu’elle ne revienne frapper à sa propre porte.

Aujourd’hui, la Kabylie tend au régime militaire algérien le miroir de ses propres pratiques. Et le message est clair : on ne peut pas défendre le séparatisme chez les autres et le criminaliser chez soi. L’histoire, tôt ou tard, exige des comptes.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv

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