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CAN U17 : Un coach dépassé par les évènements et des choix tactiques qui ont brisé le rêve des Lionceaux

Il y a des éliminations qui relèvent du football, et puis il y a celles qui ressemblent à un sabotage sportif. La défaite des Lionceaux de l’Atlas face au Sénégal en demi-finale de la CAN U17 appartient clairement à cette deuxième catégorie.

Car si les jeunes marocains ont quitté la compétition aux tirs au but, c’est surtout sur le banc que le Maroc a perdu cette rencontre. Avec un sélectionneur portugais totalement dépassé par les événements, incapable de lire le match, incapable de réagir, incapable surtout d’être à la hauteur du talent immense dont il disposait.

Cette génération marocaine avait tout pour aller au bout. Du talent, du caractère, de la qualité technique, une force mentale remarquable et le soutien de tout un pays. Pendant tout le tournoi, les Lionceaux ont démontré qu’ils faisaient partie des équipes les plus séduisantes du continent. Mais jeudi soir, ils ont été abandonnés par leur propre entraîneur.

Dès le but sénégalais inscrit à la 23e minute, le visage de Tiago Lima traduisait déjà une forme de panique et d’impuissance. Aucun ajustement tactique cohérent, aucun changement de rythme, aucune prise de risque réelle. Le sélectionneur portugais est resté figé pendant que son équipe sombrait progressivement dans la confusion.

Comment expliquer qu’un entraîneur disposant d’un effectif aussi talentueux ait attendu aussi longtemps avant de procéder à des changements évidents ? Comment expliquer cette incapacité à casser la domination physique sénégalaise ? Comment expliquer surtout ce manque total d’autorité tactique dans un match aussi crucial ?

Pendant de longues minutes, les Lionceaux ont joué sans véritable organisation. Un bloc coupé en deux, des espaces énormes entre les lignes, des attaques improvisées, une circulation de balle lente et stérile. Le Sénégal, pourtant loin d’être irrésistible, a simplement profité du vide laissé par l’absence totale de solutions proposées depuis le banc marocain.

Et si le Maroc a réussi à revenir miraculeusement au score grâce au penalty transformé par Ismaïl El Aoud dans les dernières secondes, ce n’est certainement pas grâce à un génie tactique du sélectionneur. Ce but est né du courage des joueurs, de leur fierté et de leur refus d’abandonner, malgré les errements d’un staff incapable de les guider correctement.

La séance des tirs au but a ensuite achevé de révéler les énormes carences du travail effectué par Tiago Lima. Nervosité, hésitations, manque de préparation mentale évident, choix discutables des tireurs : tout donnait l’impression d’une équipe abandonnée à elle-même dans le moment le plus important de sa compétition.

Même le gardien Ryan Yaakoubi, héroïque tout au long de la rencontre avec plusieurs parades exceptionnelles, n’a pas pu sauver un collectif livré au chaos tactique. Ce jeune groupe méritait mieux. Beaucoup mieux.

Le plus grave dans cette élimination n’est pas la défaite elle-même. Le plus grave, c’est l’impression insupportable d’avoir gaspillé une génération capable de marquer l’histoire du football marocain. Car rarement le Maroc U17 n’avait présenté autant de talent, autant de personnalité et autant de potentiel.

Aujourd’hui, la Fédération Royale Marocaine de Football devra avoir le courage de poser les vraies questions. Peut-on continuer à confier des générations aussi prometteuses à un encadrement incapable de gérer la pression des grands rendez-vous ? Peut-on accepter qu’un projet construit pendant des années soit détruit par des erreurs tactiques aussi flagrantes ?

Le football marocain avance, ses joueurs progressent, ses infrastructures impressionnent l’Afrique entière. Mais jeudi soir à Rabat, une vérité brutale a éclaté aux yeux de tous : même les plus grands talents peuvent être condamnés lorsque le banc technique devient le maillon faible de toute une nation.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv

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