Files d’attente, misère sociale, pénuries alimentaires et un dinar Algérien sans valeur : La “puissance régionale autoproclamée ” s’effondre sous nos yeux

L’Algérie traverse une crise existentielle, aussi catastrophique que paradoxale. Dans un pays, en principe, riche en pétrole et en gaz, qui se présente volontiers comme une « puissance régionale autoproclamée », la population est confrontée à une réalité quotidienne faite de pénuries, de files d’attente interminables et d’un appauvrissement généralisé. À l’approche du mois sacré de Ramadan, la situation prend une tournure encore plus dramatique : absence de lait, de sucre, de semoule, d’huile, de bonbonnes de gaz, et même de carburant… dans un pays pourtant exportateur d’hydrocarbures.
Les images diffusées sur les réseaux sociaux sont saisissantes. Elles montrent une population épuisée, parfois affamée, contrainte d’attendre des heures devant des commerces pour espérer se procurer des produits de première nécessité. Des scènes indignes d’un État censé disposer de tous les moyens pour garantir la sécurité alimentaire de ses citoyens. Hommes, femmes, personnes âgées et enfants s’alignent dans toutes les Wilayas, certains allant jusqu’à s’évanouir sous l’effet de la fatigue, du désespoir et de l’humiliation.
Cette situation n’est malheureusement pas nouvelle. Elle se répète chaque année, au point de devenir une triste habitude. Le lait, l’huile, la semoule et le sucre — produits essentiels durant le Ramadan — sont devenus rares, presque inaccessibles. La pénurie du lait et de l’huile, par exemple, a atteint un niveau critique, obligeant les habitants à patienter pendant des heures devant des épiceries aux étalages désespérément vides, sans aucune garantie d’être servis.
À cette crise alimentaire s’ajoute un autre fléau majeur : l’effondrement du dinar algérien. La monnaie nationale a perdu une grande partie de sa valeur, laminant le pouvoir d’achat des ménages. Sur le marché parallèle, un euro s’échange aujourd’hui à plus de 300 dinars, un seuil symbolique qui illustre la dévaluation dramatique de la monnaie et l’incapacité du régime à stabiliser l’économie. Les salaires stagnent, les prix explosent, et la vie devient chaque jour plus chère pour une population déjà fragilisée.
Face à ce tableau sombre, une question revient avec insistance : où passe la richesse nationale ? Comment expliquer qu’un pays aussi doté en ressources naturelles soit incapable de nourrir dignement sa population et de préserver la valeur de sa monnaie ? Pour de nombreux observateurs, militants et organisations de la société civile, la responsabilité est claire : elle incombe au régime militaire, accusé de mauvaise gouvernance, de gestion opaque et d’un total décalage entre ses discours triomphalistes et la réalité vécue par les citoyens.
Alors que les autorités multiplient les déclarations de propagande sur la souveraineté et la stabilité, le peuple algérien fait face à la faim, à la pauvreté et à l’humiliation quotidienne. Cette contradiction flagrante nourrit la colère et l’indignation. À l’approche du Ramadan, l’urgence sociale est évidente. Le peuple algérien ne devrait pas avoir à subir des pénuries chroniques, la dévalorisation de sa monnaie et la misère dans un pays riche de ses ressources. Tant que les causes profondes de cette crise ne seront pas traitées, le fossé entre le discours officiel et la réalité ne cessera de s’élargir.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



