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Crash d’un avion en Turquie : L’axe anti-Marocain, Alger–Tunis-Tripoli, frappé en plein cœur par le décès du Chef d’État-Major Libyen

La disparition brutale du Chef d’État-Major libyen, le Général Muhammad Ali Ahmed Al-Haddad, et de plusieurs hauts gradés de l’armée du Gouvernement provisoire de Tripoli, dans un crash aérien survenu en Turquie, dépasse de loin le simple fait divers tragique. Elle met en lumière, une fois de plus, la fragilité d’un axe politico-militaire anti-marocain, construit sur des équilibres instables, dont le régime militaire algérien est l’un des principaux parrains régionaux… et aujourd’hui l’un des grands perdants.

L’appareil privé Falcon 50, qui transportait le général Al-Haddad et plusieurs responsables militaires libyens, s’est écrasé peu après son décollage d’Ankara, où la délégation était en mission officielle. Selon les autorités turques, le contact avec l’avion a été perdu moins de quarante minutes après le départ, avant que l’épave ne soit localisée dans le district de Haymana, au sud de la capitale turque. À bord se trouvaient notamment le chef d’état-major de l’armée de terre, le directeur de l’Autorité de l’industrie militaire, un conseiller du chef d’état-major.

À Tripoli, le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah a parlé d’une « grande perte pour la patrie », décrétant trois jours de deuil national et annonçant l’envoi d’une délégation officielle en Turquie pour enquêter sur les circonstances de l’accident. Mais au-delà des déclarations officielles et des hommages de circonstance, cette tragédie révèle une vérité politique plus crue : l’effondrement progressif de l’influence régionale algérienne et la fragilisation de ses relais militaires en Libye.

Le général Al-Haddad n’était pas un officier parmi d’autres. Nommé en 2020, originaire de Misrata, il incarnait l’ossature militaire du camp de Tripoli, allié objectif d’Alger dans sa stratégie de projection régionale et de confrontation indirecte avec le Maroc. Sa disparition, aux côtés de plusieurs figures clés de l’appareil sécuritaire libyen, porte un coup sévère à cette architecture déjà vacillante.

Pour le régime militaire algérien, qui s’est obstiné à soutenir des équilibres artificiels en Libye, cette perte sonne comme un nouvel échec stratégique. Après l’isolement diplomatique croissant d’Alger en Afrique, la marginalisation de ses positions dans le dossier du Sahara Marocain et l’érosion de ses alliances traditionnelles, voilà que l’un de ses principaux partenaires militaires régionaux se retrouve brutalement décapité.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv

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