La Russie se déclare prête à soutenir le Plan Marocain d’Autonomie pour le Sahara, sous réserve d’un consensus Onusien

Dans un geste diplomatique aux répercussions notables, la Russie a exprimé sa disponibilité à appuyer le plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le règlement définitif du différend autour du Sahara. Le Ministre Russe des Affaires Étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé ce lundi 13 octobre que Moscou considère cette initiative comme une forme légitime d’autodétermination, à condition qu’elle fasse l’objet d’un consensus entre les parties et soit placée sous l’égide des Nations Unies.
S’exprimant lors d’une rencontre à Moscou avec des représentants des médias arabes, Lavrov a souligné que la position de la Russie s’inscrit dans le cadre des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité, insistant sur le fait que son pays soutenait jusqu’à présent « le principe d’autodétermination par le dialogue, et non à travers des démarches unilatérales ».
Le Chef de la Diplomatie Russe a rappelé que la question du Sahara figure à l’agenda international depuis près d’un demi-siècle. Si le référendum avait été envisagé comme une option de règlement à l’origine, « le contexte actuel impose aujourd’hui des approches plus réalistes et pragmatiques », a-t-il noté. Dans ce sens, Lavrov a estimé que le plan d’autonomie présenté par le Maroc pourrait constituer « une voie viable et durable » vers une solution politique, à condition qu’il bénéficie de l’accord des protagonistes et du suivi de l’ONU.
Le responsable russe a par ailleurs réaffirmé que les résolutions du Conseil de Sécurité demeurent « le cadre principal » pour toute discussion sur le dossier, ajoutant que Moscou resterait ouverte à examiner de nouvelles propositions Onusiennes, « à condition qu’elles soient avalisées par toutes les parties concernées ».
Cette position, rendue publique à la veille d’une session cruciale du Conseil de Sécurité consacrée au Sahara et à l’avenir de la MINURSO, confère un poids particulier aux déclarations de Lavrov. Leur timing témoigne d’un repositionnement diplomatique mesuré, susceptible d’influencer la dynamique des débats internationaux autour de la question.
Jusqu’à présent, la Russie et la Chine sont les deux membres permanents du Conseil de Sécurité à ne pas avoir officiellement soutenu le plan d’autonomie marocain comme unique base sérieuse de règlement, contrairement aux États-Unis, au Royaume-Uni et à la France, qui l’ont clairement endossé.
De nombreux analystes estiment qu’un rapprochement progressif de Moscou et de Pékin avec la position marocaine est envisageable. Le climat de confiance entre Rabat et Moscou, la neutralité du Royaume vis-à-vis du conflit en Ukraine, ainsi que le respect par le Maroc du principe de la “Chine unique” dans la question de Taïwan, sont autant de facteurs favorisant l’émergence d’une convergence diplomatique plus souple et constructive sur le dossier du Sahara Marocain.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



