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Organisation des Femmes Ittihadies : Pour un espace numérique sûr pour les femmes et les filles… Non à l’impunité

À l’occasion de la campagne internationale menée chaque année par les Nations Unies pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles — placée cette année sous le thème : « Mettre fin à la violence numérique contre toutes les femmes et les filles » — l’Organisation des Femmes Ittihadies réaffirme son engagement total et déterminé au cœur de cette mobilisation mondiale.

Cette participation s’inscrit dans une démarche constante visant à défendre les droits des femmes et des filles, à préserver leur dignité et à garantir leur sécurité dans tous les espaces, y compris dans l’univers numérique, où émergent de nouvelles formes de violences, aussi symboliques que matérielles, touchant chaque année un nombre croissant de victimes souvent dépourvues de protection juridique et sociale.

Au Maroc, comme ailleurs dans le monde, les plateformes numériques voient se multiplier les actes de violence visant les femmes et les filles : harcèlement, chantage numérique, diffamation, publication non consentie de photos ou de données personnelles, menaces, terrorisme numérique, atteinte à la vie privée.

Bien que dématérialisée, cette violence produit des conséquences réelles et dévastatrices : traumatismes psychologiques, perte d’estime de soi, retrait de la vie publique, autocensure, et pressions sociales étouffant la voix des femmes sous la peur du scandale ou de la vengeance.

Elle devient aujourd’hui l’un des moyens les plus utilisés pour perpétrer un véritable assassinat moral des femmes, indépendamment de leur milieu social ou professionnel.

Conformément à sa responsabilité militante, l’Organisation souligne que la violence numérique ne constitue ni un phénomène isolé ni une simple succession de comportements individuels. Elle s’inscrit dans une structure plus large, nourrie par une culture discriminatoire qui se renouvelle à travers des outils numériques devenus plus accessibles, plus diffus et plus dangereux.

Cette violence ne peut être dissociée des autres formes de discrimination issues d’un héritage patriarcal qui entretient l’illusion d’une hiérarchie entre les sexes et refuse l’implication active des femmes dans l’espace public.

En conséquence, l’Organisation appelle à :

  • la mise à jour urgente du cadre juridique national,

  • l’aggravation des sanctions relatives aux crimes numériques visant les femmes et les filles,

  • le renforcement des mécanismes de protection,

  • la généralisation de programmes de formation en sécurité numérique,

  • la mise en place de systèmes efficaces de signalement, d’écoute et d’accompagnement juridique.

Elle exhorte également les institutions éducatives et médiatiques à lutter contre les discours de haine fondés sur le genre, et invite les plateformes sociales à adopter des protocoles stricts pour supprimer les contenus violents, protéger les victimes et garantir un traitement rapide des signalements.

Dans le cadre des 16 jours d’activisme impulsés par l’ONU, l’Organisation des Femmes Ittihadies annonce l’organisation de rencontres et d’ateliers portant sur la violence numérique, la sécurité digitale, l’accompagnement des victimes, la défense des droits humains et juridiques, ainsi que le plaidoyer pour des environnements sûrs pour les femmes et les filles — qu’il s’agisse du foyer, de l’espace public, de l’école, du travail ou du monde numérique.

L’Organisation appelle l’ensemble des acteurs institutionnels, civils et médiatiques à assumer pleinement leurs responsabilités. La lutte contre toutes les formes de violence envers les femmes et les filles est un devoir national et un impératif de droits humains qui ne saurait souffrir aucun retard.

Construire un espace numérique sûr pour les femmes et les filles est aujourd’hui une condition essentielle pour garantir dignité, égalité et justice sociale. D’autant que les avancées technologiques rapides, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle, permettent désormais la production de contenus discriminatoires, diffamatoires ou oppressifs à une échelle inédite.

Alors que les statistiques démontrent que les femmes restent les premières cibles de la violence numérique, la responsabilité des politiques publiques se trouve directement interpellée face à une menace croissante, tant dans son ampleur que dans sa dangerosité. Une menace qui fragilise les efforts d’autonomisation des femmes sur les plans professionnel, politique et culturel, et devient un outil systématique au service de réseaux criminels organisés.

L’Organisation des Femmes Ittihadies réitère son soutien inconditionnel à toutes les femmes victimes de violence, réaffirme son engagement à leurs côtés et renouvelle sa détermination à poursuivre son combat en faveur de lois protectrices et de politiques publiques plus efficaces contre toutes les formes de violence, sous toutes leurs manifestations et dans tous les contextes.

La rédaction/Le7tv

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