Jacob Zuma assume sa visite au Maroc et défie le monopole du Gouvernement Sud-Africain sur les symboles nationaux

Sous le feu des critiques du gouvernement sud-africain, Jacob Zuma persiste et signe. L’ancien président, aujourd’hui leader du parti uMkhonto we Sizwe (MK), défend fermement l’utilisation du drapeau national lors de sa visite au Maroc, estimant qu’il symbolise la nation dans son ensemble et non les seules institutions au pouvoir.


La polémique est née d’une rencontre non officielle, le 15 juillet 2025 à Rabat, avec le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita. À ses côtés flottait le drapeau sud-africain, un geste que Pretoria a jugé « inapproprié » et contraire aux usages diplomatiques. Le ministre sud-africain des Relations internationales, Ronald Lamola, a rappelé que cette réunion ne représentait pas la position officielle du pays et a adressé une protestation formelle au Maroc.
En conférence de presse à Sandton, le 8 août, Zuma a répliqué avec ironie : « Chaque nation a un drapeau, et ce drapeau appartient à son peuple. Pourquoi cela surprend-il ? » Derrière cette déclaration se profile une vision différente de la diplomatie : celle d’une souveraineté populaire qui ne se confond pas avec le monopole de l’État sur les relations extérieures.
Pour Zuma et son parti MK, le geste est aussi un rappel historique. Ils soulignent que le Maroc fut, dès 1962, un soutien actif de la lutte anti-apartheid et de la branche armée Umkhonto we Sizwe, dont le parti actuel porte le nom. L’ancien président entend ainsi renouer avec une mémoire continentale de solidarité, qu’il estime aujourd’hui étouffée par une diplomatie officielle trop rigide et éloignée des aspirations populaires.
Les réactions politiques ont été vives. Fikile Mbalula, secrétaire général de l’ANC, l’a accusé de « trahison » et de saper la position pro-Polisario de Pretoria. Mais au-delà de l’invective, cette affaire révèle une tension plus profonde : la crainte, dans les cercles du pouvoir, de voir émerger une diplomatie parallèle portée par une figure politique charismatique et affranchie des lignes officielles.
En brandissant le drapeau sud-africain à Rabat, Jacob Zuma ne s’est pas contenté d’un geste symbolique. Il a ouvertement contesté le monopole de l’État sur la représentation internationale et ravivé un discours panafricain fondé sur la mémoire et les solidarités historiques. Reste à savoir si cette initiative trouvera un écho au-delà de la controverse, ou si elle restera comme un épisode isolé dans la longue confrontation entre diplomatie institutionnelle et diplomatie populaire.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



