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Le Maroc, en pole position pour accueillir le siège d’AFRICOM : Une reconnaissance stratégique de premier plan

Dans un contexte mondial en pleine recomposition géopolitique, les États-Unis s’apprêtent à reconfigurer leur dispositif militaire en Afrique. L’U.S. Africa Command (AFRICOM), jusqu’ici hébergé à Stuttgart en Allemagne, pourrait prochainement être relocalisé sur le continent Africain. Parmi les options sérieusement envisagées figure le Maroc, partenaire stratégique de Washington.

Cette éventualité s’inscrit dans une volonté affirmée de dissocier les commandements américains en Europe et en Afrique, afin de renforcer l’autonomie décisionnelle, améliorer la réactivité opérationnelle et consolider les partenariats africains. Le Royaume, situé à la confluence des routes atlantiques, sahéliennes et méditerranéennes, offre une position géostratégique idéale pour accueillir un tel centre névralgique de projection militaire.

Le Maroc n’a pas été désigné au hasard. Au fil des années, il s’est imposé comme l’un des piliers de la sécurité régionale en Afrique du Nord et dans le Sahel. Les autorités militaires américaines saluent régulièrement son rôle structurant dans la stabilisation du continent. Le général Michael Langley, commandant en chef d’AFRICOM, a d’ailleurs qualifié le Royaume de « partenaire exemplaire », mettant en exergue sa fiabilité, sa proactivité et son leadership régional.

Ce partenariat s’illustre concrètement par la formation annuelle, au Maroc, de plus de 1.200 militaires Africains dans des spécialités aussi pointues que les opérations spéciales, le renseignement et la médecine militaire. Grâce à l’appui logistique américain, notamment via les avions C-130, ces formations sont également exportées vers d’autres pays du continent.

Le Maroc participe activement aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, avec plus de 1.700 soldats déployés en République centrafricaine et en République démocratique du Congo. Un engagement constant qui confirme son rôle stabilisateur et sa capacité d’interopérabilité avec les forces internationales.

À partir de septembre 2025, cette coopération militaire montera encore en puissance avec l’ouverture à Rabat d’un Centre d’excellence pour les opérations de paix, fruit d’un partenariat stratégique avec les États-Unis. Ce centre formera des milliers de soldats africains aux opérations de maintien de la paix et deviendra un véritable carrefour de dialogue sécuritaire entre les armées du continent et leurs partenaires internationaux.

Par ailleurs, les manœuvres militaires African Lion, coorganisées chaque année par le Maroc et les États-Unis, illustrent la solidité de cette alliance. Devenues les plus vastes opérations militaires conjointes d’Afrique, elles témoignent de la capacité du Royaume à accueillir, coordonner et piloter des opérations multilatérales de grande envergure.

Même si le Général Langley a écarté un transfert immédiat du siège d’AFRICOM à Rabat, évoquant des considérations budgétaires et logistiques. Mais dans les faits, le Maroc assume déjà le rôle de plateforme stratégique de coordination. L’idée d’un siège opérationnel sur le sol marocain continue de faire son chemin dans les cercles décisionnels Américains, notamment dans un contexte de rivalité accrue avec la Chine et la Russie en Afrique.

L’éventualité de voir le Maroc accueillir le siège d’AFRICOM n’est pas qu’un simple scénario géopolitique. Elle reflète une reconnaissance de la fiabilité du Royaume, de sa stabilité institutionnelle, de sa diplomatie agile et de son engagement constant en faveur de la paix et de la sécurité régionales.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv

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