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Pêche : Rabat et Moscou renforcent une coopération à forte portée économique et géopolitique sur 3500 km de façade maritime

Réuni le 21 mai, le Conseil de Gouvernement a marqué une nouvelle avancée dans les relations entre le Maroc et la Russie en validant le projet de décret relatif à l’approbation de l’accord de coopération halieutique entre les deux pays. Présenté par le ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, ce texte vient consolider un cadre partenarial appelé à dépasser la simple exploitation des ressources maritimes atlantiques.

Au-delà de son volet technique, cet accord dessine une véritable feuille de route stratégique. Il prévoit un ensemble de coopérations élargies incluant la recherche scientifique dans le domaine halieutique, le transfert de savoir-faire, le renforcement des compétences techniques ainsi que la formation des cadres marocains. Des axes majeurs qui s’inscrivent dans la dynamique nationale de modernisation du secteur maritime et d’optimisation durable des ressources océaniques.

Les implications économiques et sociales sont considérables. Doté d’un littoral de plus de 3 500 kilomètres, le Maroc dispose d’un secteur halieutique essentiel à son économie, générant, directement et indirectement, environ 700 000 emplois selon les chiffres officiels. Véritable pilier de la croissance nationale et source importante de devises, le secteur confère à chaque partenariat international une portée à la fois économique et souveraine.

Pour la Russie, cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification de ses alliances. Dans un contexte international marqué par de fortes recompositions géopolitiques, Moscou cherche à consolider ses positions en Afrique et en Méditerranée, où la coopération halieutique constitue un levier d’influence et de projection économique auprès des États côtiers.

Si son entrée en vigueur reste soumise à la ratification parlementaire, l’adoption de ce texte par l’Exécutif constitue déjà une étape déterminante. À Rabat, on souligne qu’il s’agit de la formalisation juridique d’une coopération technique ancienne entre les deux pays, désormais inscrite dans un cadre modernisé, structuré et appelé à se renforcer dans la durée.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv

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