Le régime militaire algérien éclaboussé par le scandale Al Jazeera : Mustapha Souag limogé deux mois après sa nomination

À peine deux mois après avoir été propulsé à la tête de la prestigieuse chaîne d’information Al Jazeera, le journaliste algérien Mustapha Souag مصطفى سواق vient d’être brutalement remercié. Le motif officiel : un « changement de direction ». Mais derrière cette formule diplomatique se cache un malaise bien plus profond, qui met en lumière les manigances du régime militaire algérien et son obsession maladive à infiltrer et manipuler les médias internationaux.
Selon plusieurs sources concordantes, Souag aurait été écarté en raison de fortes suspicions d’ingérence, notamment pour avoir reçu des directives directes de l’ambassadeur d’Algérie à Doha, lui-même relais du pouvoir militaire à Alger. Autrement dit, Mustapha Souag aurait servi de cheval de Troie, à Al Jazeera, pour la propagande algérienne, au service d’un régime isolé sur la scène internationale et discrédité auprès de ses propres citoyens.
Cette tentative d’infiltration grossière démontre une fois de plus l’obsession du régime d’Alger à exporter sa propagande et à contrôler la narration médiatique, alors même qu’il est incapable de garantir la liberté de la presse sur son propre sol. Les médias algériens indépendants sont muselés, les journalistes bâillonnés, et les voix dissidentes poursuivies ou emprisonnées.
Mais le fiasco de Doha révèle aussi la méthode archaïque d’un pouvoir qui continue de fonctionner selon les logiques de la guerre froide : infiltration, manipulation et instrumentalisation, au mépris des règles professionnelles et de l’éthique journalistique. Résultat : l’Algérie s’offre une humiliation planétaire, et Mustapha Souag devient le symbole de la déchéance d’un système militaro-politique corrompu, qui sacrifie ses propres cadres dans l’unique but de servir ses intérêts. Une gifle cinglante pour un régime en quête désespérée de crédibilité internationale, mais qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans le discrédit et l’isolement.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



