Samuel Eto’o fustige le verdict disciplinaire de la CAF qui scandalise le football Africain
« Merci à la CAF pour ce précédent…avec cette logique, l’Afrique ne se développera pas » !

La décision rendue ce jeudi 29 janvier, par la commission disciplinaire de la CAF continue de susciter une vague d’indignation à travers le continent. Ce qui devait être un moment de clarification et de fermeté face aux incidents graves ayant marqué la finale de la CAN s’est transformé en un verdict jugé par beaucoup comme incompréhensible, incohérent et profondément injuste.
Alors que des faits lourds ont été constatés — interruption de la rencontre, retrait volontaire d’une équipe, tensions dans les tribunes et désordre sur le terrain — la CAF a opté pour des sanctions perçues comme légères et contradictoires, donnant le sentiment que les règlements ne s’appliquent pas avec la même rigueur pour tous.
La réaction du président de la Fédération Camerounaise de football, Samuel Eto’o, résume parfaitement le malaise. Avec une ironie mordante, l’ancienne star du football africain a dénoncé ce qu’il considère comme un dangereux précédent :
« Merci à la CAF pour cette jurisprudence. Désormais, toute équipe qui se sent lésée par l’arbitrage peut quitter le terrain, aller se reposer au vestiaire, boire un thé, perturber la concentration de l’adversaire, puis revenir quand elle veut… Est-ce ainsi que le football africain va se développer ? Désolé de le dire franchement : avec cette logique, l’Afrique ne se développera pas. »
Le message de Samuel Eto’o est clair : la CAF envoie un signal extrêmement dangereux. En sanctionnant faiblement des actes qui ont perturbé une finale continentale suivie dans le monde entier, l’instance africaine semble banaliser des comportements qui devraient, au contraire, être sévèrement punis pour protéger l’intégrité du jeu.
Le football africain lutte déjà pour gagner en crédibilité sur la scène internationale. Arbitrage contesté, gouvernance fragile, incidents récurrents dans certaines compétitions : chaque polémique fragilise davantage son image. Dans ce contexte, une décision disciplinaire ferme aurait pu envoyer un message fort de professionnalisme et d’autorité. Au lieu de cela, la CAF donne l’impression d’hésiter, voire de céder à des calculs politiques.
Le plus inquiétant reste l’effet à long terme. Si quitter le terrain, interrompre un match ou laisser dégénérer une situation n’entraîne pas de sanctions exemplaires, qu’est-ce qui empêchera d’autres équipes d’utiliser la même stratégie lors de futures compétitions ?
Le football africain mérite mieux. Les joueurs, les supporters et les fédérations ont besoin d’une institution forte, cohérente et équitable. En ratant ce rendez-vous avec la justice sportive, la commission disciplinaire de la CAF a malheureusement alimenté le doute au lieu de restaurer la confiance.
Et la question de Samuel Eto’o demeure, lourde de sens : comment prétendre développer le football africain si ses propres règles ne sont pas appliquées avec rigueur et cohérence ?



