Ferhat Mehenni défie le régime algérien en fixant, le 14 décembre prochain, date de la proclamation d’indépendance de la Kabylie

Le château de sable bâti par le régime militaire d’Alger continue de se fissurer. Face à un pouvoir autoritaire englué dans ses contradictions et incapable d’assurer la cohésion nationale, la voix de la Kabylie s’élève de plus en plus fort. Ferhat Mehenni, Président du Gouvernement Provisoire Kabyle en exil et Chef du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), a annoncé une étape décisive : la proclamation officielle de l’indépendance de la Kabylie, fixée au 14 décembre 2025.
Dans un entretien diffusé le 7 septembre, Mehenni a détaillé un calendrier politique clair. Le 19 octobre, un congrès extraordinaire du MAK réunira les partisans du mouvement pour valider le projet de déclaration unilatérale d’indépendance. Ce texte sera ensuite transmis au « Parlement kabyle en exil » pour adoption. Le choix du 14 décembre, loin d’être anodin, correspond à l’anniversaire de la résolution 1514 des Nations Unies sur la décolonisation, soulignant le parallèle évident entre la situation de la Kabylie et celle des peuples colonisés.
Ferhat Mehenni ne mâche pas ses mots : selon lui, la Kabylie est « colonisée par l’État algérien depuis 1962 », un État qui n’a jamais été autre chose qu’une machine de confiscation des libertés et d’écrasement des identités, orchestrée par une junte militaire sourde aux aspirations populaires. Le régime, qui ne survit que par la répression et la rente gazière, qualifie le MAK de « mouvement terroriste », preuve supplémentaire de sa panique face à toute contestation légitime.
Le MAK, né dans le contexte sanglant du « Printemps noir » de 2001 — révolte réprimée dans le sang par les forces algériennes avec plus de 120 morts et des milliers de blessés — est passé de revendications identitaires à un véritable projet de libération nationale. Loin de s’essouffler, le mouvement prend de l’ampleur, malgré les campagnes de diabolisation orchestrées depuis Alger.
Il est évident qu’une déclaration unilatérale d’indépendance aura, dans un premier temps, une portée symbolique. Mais ce symbole est une arme redoutable contre la dictature militaire qui prétend encore incarner « l’unité nationale » tout en étouffant la diversité et en muselant son peuple. En inscrivant la question kabyle dans le cadre du droit international et de la décolonisation, Ferhat Mehenni place le régime algérien face à ses contradictions et ouvre une brèche que même la répression la plus brutale ne pourra refermer.
La Kabylie, terre d’histoire, de culture et de résistance, n’a pas dit son dernier mot. Tandis qu’Alger s’enlise dans ses obsessions géopolitiques et ses aventures stériles, ce sont ses propres fractures internes qui menacent de précipiter l’effondrement d’un système usé jusqu’à la corde.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



