Washington: Le Polisario bientôt classé organisation terroriste. Une décision qui accable l’Algérie

Une nouvelle offensive politique prend forme aux États-Unis contre le Front Polisario, sur fond d’accusations graves de collusion avec des réseaux terroristes et de déstabilisation régionale. Plusieurs sénateurs américains influents, dont Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott, ont introduit un projet de loi visant à évaluer la désignation du mouvement séparatiste comme organisation terroriste étrangère.
Derrière cette initiative, une conviction de plus en plus assumée à Washington : le Polisario ne serait plus un simple acteur politique, mais un vecteur d’instabilité, soupçonné de liens opérationnels avec des acteurs comme les Gardiens de la révolution iraniens et le Hezbollah. Des accusations lourdes, qui incluent des transferts d’armes sophistiquées, notamment des drones, ainsi que des formations militaires.
Au-delà du Polisario, c’est surtout Algérie qui se retrouve directement exposée. Considérée comme le principal soutien politique, financier et logistique du mouvement, Alger apparaît de plus en plus comme un acteur central dans la perpétuation de ce conflit. Le projet de loi américain évoque d’ailleurs explicitement des sanctions contre tout État continuant à appuyer le Front après une éventuelle désignation terroriste.
Plusieurs experts mettent en avant des pratiques qui renforcent les soupçons : détournement d’aide humanitaire, enrôlement d’enfants-soldats, connexions avec des groupes armés actifs dans la bande sahélo-saharienne. Le cas d’anciens membres impliqués dans des réseaux terroristes régionaux illustre, selon eux, une dérive inquiétante.
À cela s’ajoute une dimension géopolitique plus large : le Polisario serait désormais instrumentalisé dans une stratégie d’influence pilotée par des puissances hostiles aux intérêts occidentaux, faisant de lui un outil indirect de déstabilisation en Afrique du Nord.
Une pression croissante sur Alger :
Si cette classification aboutit, elle marquerait un tournant décisif. Le Polisario se retrouverait isolé sur la scène internationale, tandis que l’Algérie subirait une pression diplomatique et économique accrue. Le message envoyé par Washington est clair : le soutien à des entités soupçonnées de liens terroristes ne sera plus toléré.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



