La chute annoncée des mollahs d’Iran fait trembler le régime militaire d’Alger

À mesure que la rue iranienne s’embrase, une réalité devient impossible à ignorer : la République islamique n’est plus seulement contestée de l’intérieur, elle entraîne dans sa décomposition tout un réseau de régimes autoritaires qui lui sont idéologiquement et stratégiquement liés. Parmi eux, le régime militaire algérien, lui aussi en perte de légitimité, apparaît comme l’un des derniers soutiens politiques d’un pouvoir théocratique iranien au bord de l’implosion.
Depuis plusieurs semaines, les manifestations se multiplient en Iran, révélant l’ampleur d’un rejet populaire qui ne faiblit pas malgré quarante-sept ans de répression brutale. Les mollahs gouvernent encore par la peur, mais ne dirigent plus par le consentement. La jeunesse, les femmes, les travailleurs et les minorités ethniques convergent dans une contestation massive qui dépasse désormais les revendications économiques pour viser le cœur même du régime.
Face à cette tempête intérieure, Téhéran peut compter sur peu d’alliés crédibles. La Syrie d’Assad n’est plus que l’ombre d’elle-même, le Hezbollah libanais est affaibli, et les proxies régionaux peinent à masquer l’érosion stratégique de l’Iran. Dans ce paysage de défaites, Alger s’impose comme l’un des derniers partenaires politiques assumés de la République Islamique.
Le régime militaire algérien, issu d’un système verrouillé par l’armée depuis l’indépendance, partage avec Téhéran une même obsession : la survie à tout prix. Comme les mollahs, les généraux algériens gouvernent sans mandat populaire réel, étouffent toute opposition, criminalisent la contestation pacifique et instrumentalisent des causes extérieures pour détourner l’attention de leurs propres faillites internes.
Deux peuples, une même colère
À Téhéran comme à Alger, le scénario se ressemble dangereusement. En Iran, la théocratie s’effondre sous le poids de la corruption, de l’injustice sociale et de la violence institutionnalisée. En Algérie, le pouvoir militaire tente encore de contenir une société profondément marquée par le Hirak, dont les revendications n’ont jamais disparu, malgré la répression, les arrestations arbitraires et le verrouillage médiatique.
Dans les deux cas, les régimes survivent en criminalisant la dissidence, en manipulant la justice et en s’érigeant en remparts artificiels contre un chaos qu’ils ont eux-mêmes créé. Mais cette stratégie a atteint ses limites. L’idéologie révolutionnaire iranienne comme le narratif pseudo-nationaliste algérien ne mobilisent plus. Ils sonnent creux face à des populations jeunes, connectées, conscientes et déterminées.
Un isolement international croissant
Sur le plan géopolitique, l’Iran est de plus en plus isolé. Les sanctions occidentales, les revers régionaux et l’érosion de son influence ont transformé la République islamique en un acteur défensif, crispé sur ses acquis. L’Algérie, de son côté, multiplie les postures diplomatiques agressives pour masquer son déclassement stratégique et son incapacité à proposer un projet crédible à sa population.
Le rapprochement entre Alger et Téhéran ressemble moins à une alliance de force qu’à une solidarité de régimes assiégés, cherchant dans l’autre un miroir rassurant de leur propre autoritarisme. Mais l’histoire est implacable : lorsque les peuples se lèvent, les pactes entre tyrannies ne suffisent jamais à arrêter le cours des événements.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



