Nouvel échec cinglant de la Diplomatie Algérienne lors du Sommet Italie-Afrique

Le récent sommet Italie-Afrique organisé au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie, a envoyé un signal politique retentissant sur l’évolution des rapports de force diplomatiques autour du dossier du Sahara Marocain. Derrière les annonces économiques et stratégiques entre Rome et les pays africains, un fait a dominé les coulisses : l’absence totale de la prétendue RASD, malgré des démarches insistantes attribuées à son principal soutien régional, l’Algérie.
La réunion, qui rassemblait des délégations de plus de cinquante États africains aux côtés de l’Italie, s’est tenue selon un protocole strict : seuls les États reconnus internationalement ont été conviés. Cette ligne a été défendue par la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, qui a imposé un format conforme aux standards des Nations unies, excluant de facto toute entité non étatique.
Ce choix diplomatique, loin d’être anodin, a été interprété par plusieurs observateurs comme un désaveu des tentatives d’influence visant à imposer des acteurs non reconnus dans les enceintes multilatérales. En coulisses, selon plusieurs sources concordantes, des pressions auraient été exercées pour forcer une invitation, sans succès.
Au cœur de la stratégie italienne figure le « Plan Mattei », programme de coopération ambitieux axé sur l’énergie, les infrastructures et la migration. Dans cette logique, Rome privilégie des interlocuteurs étatiques capables de garantir stabilité, sécurité juridique et visibilité pour les investisseurs.
La participation d’acteurs non reconnus est perçue comme incompatible avec cette approche pragmatique. Pour les partenaires européens, les grands projets transcontinentaux — gazoducs, corridors énergétiques, réseaux logistiques — exigent des cadres institutionnels solides plutôt que des structures contestées ou dépourvues de statut international.
Un isolement diplomatique de l’Algérie qui se confirme
Cet épisode s’inscrit dans une tendance plus large observée lors de plusieurs forums internationaux récents, où les formats officiels privilégient les États souverains. Cette évolution reflète un réalignement des priorités géopolitiques mondiales : stabilité régionale, sécurité énergétique et coopération économique priment désormais sur les logiques idéologiques héritées des rivalités passées.
Dans ce contexte, le Maroc apparaît pour de nombreux partenaires comme un acteur institutionnel stable et un hub stratégique reliant l’Europe, l’Afrique et l’Atlantique. Le soutien international croissant à son initiative d’autonomie est souvent présenté comme un indicateur de cette recomposition diplomatique.
L’exclusion du Polisario du sommet n’est pas seulement protocolaire ; elle symbolise un rapport de forces en mutation. Elle souligne surtout que les grandes puissances économiques privilégient désormais les alliances fondées sur la reconnaissance internationale, la stabilité étatique et la coopération concrète.
Pour Alger, ce revers diplomatique met en lumière les limites d’une stratégie d’influence confrontée à une réalité internationale de plus en plus orientée vers le réalisme politique et les partenariats structurants.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



