PolitiqueSociété

LE « SYNDROME DE STOCKHOLM », VERSION ARABE : Ou quand l’aveuglement idéologique de la « Gauche Arabe » frôle l’absurde et le paradoxe, avec un discours pro-régime Iranien !…

un article de Abderrazzak Boussaid

Il est des positions politiques qui relèvent du débat, et d’autres qui interrogent profondément la cohérence intellectuelle. Le soutien affiché par certains courants dits progressistes Arabes au régime iranien en fait aujourd’hui partie.

Depuis la Révolution Iranienne de 1979, qui a conduit à l’instauration d’un système théocratique dirigé par les mollahs, l’Iran s’est imposé comme un acteur central dans de nombreuses crises régionales. Guerres par procuration, instrumentalisation de milices, diffusion d’un discours religieux radicalisé : les conséquences de cette politique sont largement documentées et ressenties dans plusieurs pays arabes.

Et pourtant, un phénomène troublant persiste. Certains intellectuels ou militants, se revendiquant de gauche et se disant attachés aux valeurs de liberté, de justice sociale et d’émancipation des femmes, en viennent à exprimer une forme de sympathie — voire de soutien — envers ce même régime liberticide. Non pas par adhésion à son modèle politique, qu’ils reconnaissent souvent comme autoritaire et totalitaire, mais par opposition aux États-Unis et à Israël.
Ce positionnement pose une question de fond : peut-on dénoncer l’impérialisme tout en fermant les yeux sur un autre type d’oppression ? Peut-on prétendre défendre les peuples tout en soutenant, même indirectement, un pouvoir accusé de répression interne, de violations des libertés fondamentales et d’ingérences régionales ?
Ce paradoxe est parfois comparé, de manière métaphorique, à un SYNDROME DE STOCKHOLM idéologique : une situation où l’hostilité envers un adversaire conduit à minimiser — voire à soutenir — les dérives d’un autre acteur pourtant problématique. Dans ce schéma, l’ennemi de mon ennemi devient automatiquement fréquentable, sinon défendable.
Mais cette logique binaire est dangereuse. Elle simplifie à l’extrême des réalités complexes et empêche toute analyse lucide. Elle conduit surtout à des contradictions profondes : comment dénoncer les atteintes aux droits humains d’un côté et les relativiser de l’autre, selon les intérêts géopolitiques ?
Le débat mérite mieux que des réflexes idéologiques. Il exige une cohérence morale et intellectuelle : refuser toutes les formes d’oppression, qu’elles viennent de puissances occidentales, régionales ou religieuses. Sans cela, la critique perd en crédibilité et se transforme en posture,…voire en imposture.
En définitive, soutenir un régime autoritaire au nom de l’anti-impérialisme revient à remplacer une domination par une autre — et à trahir les principes mêmes que l’on prétend défendre.
Abderrazzak Boussaid

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page