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Le silence complice d’Alger face aux frappes Iraniennes contre les pays Arabes du Golfe

Alors que plusieurs pays arabes ont été directement visés par des missiles iraniens, la réaction du régime algérien s’est distinguée par une absence frappante de condamnation. Malgré la gravité des attaques ayant ciblé notamment l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït ou encore la Jordanie, Alger s’est contentée de déclarations vagues, évitant soigneusement de dénoncer les agissements de son partenaire iranien.

Cette posture intervient dans un contexte particulièrement délicat pour le pouvoir algérien. Les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, qui auraient notamment entraîné la mort du guide suprême Ali Khamenei, ont profondément ébranlé l’un des piliers de l’axe politique auquel Alger était régulièrement associé. Après l’effondrement du régime syrien de Bachar al-Assad, l’affaiblissement du Hezbollah au Liban et les difficultés du régime vénézuélien de Nicolás Maduro, la disparition probable du chef de la République islamique apparaît comme un nouveau revers pour cet ensemble d’alliances contestées.

Face à cette évolution majeure, le ministère algérien des Affaires étrangères a publié une réaction tardive, adoptant un ton diplomatique prudent. Le communiqué évoque des « regrets » face à l’échec des discussions entre Washington et Téhéran et met en garde contre une « escalade militaire aux conséquences imprévisibles ». Mais à aucun moment il ne condamne explicitement les frappes iraniennes qui ont pourtant touché plusieurs États arabes.

Ce silence contraste fortement avec les réactions du reste du monde arabe, où de nombreux gouvernements ont dénoncé avec fermeté ces attaques et exprimé leur solidarité avec les pays ciblés. Même à l’égard d’États que l’Algérie présente habituellement comme des partenaires ou des « pays frères », aucune marque claire de soutien n’a été exprimée.

L’attitude d’Alger apparaît d’autant plus ambiguë que le régime algérien n’a pas hésité par le passé à condamner rapidement d’autres opérations militaires dans la région lorsque celles-ci visaient certains acteurs politiques qu’il soutient. Cette différence de ton alimente les critiques selon lesquelles le pouvoir algérien pratiquerait une diplomatie à géométrie variable, guidée davantage par ses alliances idéologiques que par le principe de solidarité régionale.

Un autre communiqué officiel s’est limité à annoncer la mise en place d’une cellule de crise destinée à suivre la situation des ressortissants algériens au Moyen-Orient, confirmant la prudence extrême adoptée par Alger dans cette crise.

Dans la presse algérienne, la ligne officielle semble également se refléter : la plupart des titres ont choisi de présenter les frappes contre l’Iran comme une « agression américano-israélienne », sans évoquer ou condamner les attaques iraniennes qui ont pourtant frappé plusieurs capitales arabes.

Pour de nombreux observateurs, cette posture révèle l’embarras d’un régime dont les alliances internationales semblent se fragiliser. À mesure que certains de ses partenaires historiques disparaissent de la scène ou se retrouvent affaiblis, Alger se retrouve de plus en plus isolée sur l’échiquier diplomatique régional.

Dans ce contexte, le mutisme algérien face aux frappes iraniennes apparaît moins comme une simple prudence diplomatique que comme le symptôme d’un positionnement géopolitique devenu difficile à assumer ouvertement.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv

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