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Atelier d’experts pour le suivi de la Déclaration de Rabat sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration des enfants soldats en Afrique

Un atelier d’experts consacré au suivi de la Déclaration de Rabat sur le désarmement, la démobilisation et à la réintégration (DDR) des enfants soldats en Afrique a eu lieu, mardi à Rabat, à l’initiative de la Commission nationale du droit international Humanitaire (CNDIH).

S’exprimant à cette occasion, la présidente de la CNDIH, Farida El Khamlichi, a souligné que la Déclaration de Rabat, publiée à l’issue de la Conférence ministérielle africaine sur le Désarmement, la Démobilisation et la Réintégration des enfants soldats, tenue le 20 novembre 2025, est venue notamment réitérer la nécessité d’”alerter sur la réalité de l’enfance africaine affectée par les conflits armés”.

Mme El Khamlichi a affirmé que la prévention du recrutement des enfants, le soutien à leur libération et leur réintégration ne sont plus de simples obligations morales et juridiques, mais constituent “la pierre angulaire de la paix et du développement durable en Afrique”.

Elle a, en outre, assuré que la Commission œuvre à contribuer dans la mise en œuvre de certaines idées contenues dans la Déclaration de Rabat, notamment l’initiative de lancer un processus d’élaboration d’un instrument juridique africain spécifique, sous forme d’une convention, visant à prévenir le recrutement des enfants et ce, dans la perspective de le soumettre à l’Union Africaine.

Les ministres africains ayant pris part à cette conférence, placée sous le thème “Construire des voies durables pour les enfants touchés par les conflits armés”, ont reconnu que le phénomène du recrutement des enfants transcende les frontières, appelant à une réponse collective basée sur la coopération régionale renforcée, l’échange de bonnes pratiques et la mobilisation des ressources, a-t-elle rappelé.

Pour sa part, le directeur des questions globales au ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Ismail Chekkori a estimé qu’”après réaffirmation du signal fort lancé par la Déclaration de Rabat, le moment est venu de s’atteler au volet juridique”, soulignant que cette Déclaration a franchi un seuil décisif, dépassant le stade de la simple déclaration d’intention pour s’inscrire désormais de manière explicite dans l’architecture normative internationale, suite à son inscription comme document officiel conjoint auprès de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Ce double ancrage confère à la Déclaration une dimension politique et normative concrète, plaçant la question des enfants soldats à la croisée des impératifs de la paix, de la sécurité internationale et de la bonne gouvernance, a-t-il ajouté.

M. Chekkouri a également considéré que l’élaboration d’un instrument juridique continental représente une avancée historique, notant que l’enjeu n’est pas de calquer les normes existantes, mais de les adapter aux réalités du continent et de combler les lacunes juridiques pour renforcer la capacité des pays africains en matière de prévention et de réintégration durable.

Il a, par ailleurs, mis en exergue la nécessité pour cet instrument de traduire, tant sur les plans normatif qu’opérationnel, une vision cohérente articulée autour de trois impératifs majeurs, à savoir la prévention structurelle, la responsabilité proactive et la consécration de la paix sur le long terme.

Cet atelier a réuni des experts africains, des universitaires et des représentants des départements ministériels et des institutions concernées, autour de deux panels portant sur “La prévention et la démobilisation” et “Le désarmement et la réintégration”.

Il s’assigne pour objectif de jeter les jalons d’une réflexion autour d’un instrument africain axé sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration des enfants soldats au niveau du continent.

La rédaction/Le7tv

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