Christophe Lecourtier : « Les étudiants Marocains constituent aujourd’hui la première communauté étrangère en France ».

La coopération scientifique et universitaire entre la France et le Maroc s’impose aujourd’hui comme l’un des piliers les plus solides de la relation entre les deux pays. À l’heure où les mobilités étudiantes se multiplient à l’échelle mondiale et où la concurrence entre systèmes universitaires s’intensifie, ce partenariat académique historique continue de se renforcer et d’évoluer.
Selon l’Ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, la relation universitaire entre les deux pays repose sur une dynamique particulièrement dense et durable. La France demeure en effet le premier partenaire académique du Royaume, tandis que les étudiants marocains représentent la plus importante communauté d’étudiants étrangers dans l’enseignement supérieur français. Cette situation témoigne d’une confiance réciproque solidement ancrée et d’une complémentarité académique qui profite aux deux nations.
Au cours des dernières années, cette coopération a connu un nouvel élan. Les autorités françaises et marocaines ont établi une feuille de route visant à renforcer les formations conjointes, développer les doubles diplômes, encourager les cotutelles de thèse et multiplier les centres de recherche franco-marocains. L’objectif est également de mieux connecter les universités au monde économique, notamment à travers des dispositifs d’alternance et de formation professionnelle adaptés aux besoins des entreprises.
Dans ce contexte, l’implantation d’établissements d’enseignement supérieur français au Maroc constitue un levier majeur de cette coopération. Des institutions prestigieuses telles que ESSEC Business School, Centrale Casablanca ou TBS Education ont ouvert des campus dans le Royaume, offrant des formations internationales directement accessibles aux étudiants marocains et africains. Ces établissements sont aujourd’hui réunis au sein du réseau AfricaSup, qui vise à structurer et à renforcer la présence académique française au Maroc autour de standards communs d’excellence et d’ouverture internationale.
Ces campus proposent des programmes conçus en partenariat étroit avec des institutions marocaines et adaptés aux besoins économiques du pays, notamment dans des secteurs stratégiques comme l’ingénierie, le numérique, les transitions énergétiques ou l’industrie 4.0. Ils permettent aux étudiants de construire un parcours international tout en restant ancrés dans l’écosystème local.
La question de la mobilité des talents est également au cœur du débat. De nombreux diplômés marocains poursuivent leur carrière en France après leurs études, notamment dans les secteurs technologiques et scientifiques. Pour les autorités françaises, il ne s’agit pas d’une fuite des cerveaux, mais plutôt d’une circulation des compétences, bénéfique pour les deux pays. Les enquêtes récentes montrent d’ailleurs qu’une part croissante de ces diplômés finit par retourner au Maroc, tout en conservant des liens professionnels, scientifiques ou économiques étroits avec la France.
Dans un monde académique de plus en plus compétitif, la coopération universitaire franco-marocaine apparaît ainsi comme un partenariat stratégique et gagnant-gagnant, fondé sur l’échange des savoirs, la mobilité des talents et la construction d’un espace scientifique commun tourné vers l’avenir.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



