Le Maroc accroché par le Mali (1-1): Walid Regragui pointé du doigt après ses choix contestés

Le Maroc devra encore patienter pour valider sa qualification. Pourtant largement dominateurs, les Lions de l’Atlas ont été tenus en échec par le Mali (1-1), au terme d’un match frustrant où les limites tactiques et les choix peu inspirés de Walid Regragui ont pesé lourd, notamment en seconde période.
Dans ce choc très attendu de la deuxième journée du groupe A, le pays hôte avait l’occasion idéale de sécuriser son billet pour le second tour devant son public. Mais face à une équipe malienne regroupée, disciplinée et accrocheuse, le Maroc a manqué de justesse, de créativité… et surtout de solutions sur le banc.
Un onze sans surprise… et sans audace
Fidèle à ses principes, Walid Regragui a reconduit quasiment le même onze que lors du premier match, sans réelle remise en question. Ayoub El Kaabi était aligné en pointe, Hakimi restait inexplicablement sur le banc, Mazraoui poursuivait à droite, tandis qu’El Yamiq prenait la place de Saïss en défense centrale. Des choix prudents, voire conservateurs, qui ont rapidement montré leurs limites face à un Mali positionné en 5-3-2, clairement décidé à fermer le jeu.
Malgré une nette domination territoriale et une possession largement marocaine, les occasions franches restaient rares. Brahim Diaz, très actif, a bien tenté d’apporter le déséquilibre, mais le manque de mouvement et de vitesse dans les trente derniers mètres a rendu le jeu des Lions prévisible. La meilleure opportunité avant la pause est d’ailleurs venue d’un cafouillage, conclu par une frappe manquée de Saibari devant un but ouvert.
Un avantage sans maîtrise
Le Maroc a finalement trouvé l’ouverture juste avant la mi-temps, sur penalty, obtenu par Brahim Diaz après une main malienne. Le joueur du Real Madrid s’est chargé lui-même de la transformation (1-0, 45e), masquant provisoirement les carences offensives d’un collectif pourtant supérieur.
Mais loin de profiter de cet avantage pour imposer son rythme après la pause, le Maroc est progressivement retombé dans ses travers : jeu stéréotypé, circulation lente, centres sans réel danger et absence criante de variations tactiques.
Une seconde période mal gérée
Dos au mur, le Mali a logiquement haussé le ton, se projetant davantage en transition. Et c’est sur une action confuse, après un rush de Camara, que les Aigles ont obtenu un penalty, consécutif à une intervention maladroite d’El Yamiq sur Sinayoko. Là encore, l’arbitrage a dû s’appuyer sur la VAR pour une faute pourtant évidente. Sinayoko ne manquait pas l’occasion d’égaliser (1-1, 60e).
À partir de ce moment, le match bascule dans un scénario que Walid Regragui n’a jamais su maîtriser. Les changements opérés – Ben Seghir, Abde Ezzalzouli, En-Nesyri, Rahimi – se sont révélés tardifs et surtout stériles. Aucun ajustement tactique clair, aucun schéma offensif nouveau, simplement un empilement d’attaquants sans véritable animation collective.
Le Mali, bien en place, a géré son résultat avec expérience, cassant le rythme et fermant les espaces, pendant que le Maroc s’enlisait dans une domination aussi stérile qu’inefficace.
Un avertissement sans frais… pour l’instant
Ce match nul laisse un goût amer. Le Maroc reste certes en tête de son groupe et conserve son destin entre ses mains, avec une qualification toujours possible face à la Zambie. Mais cette rencontre met en lumière des signaux préoccupants : manque d’idées face aux blocs bas, rigidité tactique et coaching peu inspiré dans les moments clés.
À ce niveau de compétition, et avec les ambitions affichées, les Lions de l’Atlas ne pourront pas toujours compter sur un penalty pour masquer leurs lacunes. Walid Regragui est désormais attendu au tournant : la CAN se gagne aussi sur le banc.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



