ArtArt et CultureCondoléancesSociété

Abdelwahab Doukkali, légende éternelle de la chanson marocaine, s’est éteint à l’âge de 84 ans.

Une immense voix s’est tue. Le Maroc pleure aujourd’hui la disparition de Abdelwahab Doukkali, monument de la musique marocaine et figure incontournable de la culture arabe, décédé ce vendredi 8 mai 2026 à Casablanca à l’âge de 84 ans.

Selon plusieurs sources concordantes, l’artiste s’est éteint dans une clinique privée de la capitale économique, où il était hospitalisé depuis quelques jours. Avec sa disparition, c’est toute une page de l’histoire artistique marocaine qui se referme dans une profonde émotion.

Né le 2 janvier 1941 à Fès, Abdelwahab Doukkali aura consacré sa vie à l’art sous toutes ses formes. Très tôt attiré par la musique, mais également par le théâtre et la peinture, il développera un univers singulier, raffiné et profondément humain qui marquera plusieurs générations.

Dès les années 1960, sa voix puissante et mélancolique bouleverse le paysage musical marocain. À une époque où la chanson marocaine cherchait encore ses repères modernes, Doukkali impose une identité artistique nouvelle, mêlant héritage traditionnel, sophistication musicale et ouverture sur le monde.

Des œuvres devenues immortelles comme Mana Illa Bachar, Kan Ya Ma Kan ou encore Montparnasse ont traversé les décennies sans jamais perdre leur force émotionnelle. Sa musique racontait l’amour, l’exil, la nostalgie, la condition humaine et les blessures du temps avec une élégance rare.

Mais Abdelwahab Doukkali n’était pas seulement une voix. Il était un compositeur d’exception, un artiste complet capable d’orchestrer des œuvres ambitieuses qui ont profondément influencé l’évolution de la musique marocaine moderne.

Au cinéma également, son charisme et sa sensibilité avaient marqué le public, notamment dans le film culte À la recherche du mari de ma femme de Mohamed Abderrahman Tazi.

Respecté dans tout le monde arabe, récompensé dans plusieurs festivals internationaux, Abdelwahab Doukkali représentait bien plus qu’un chanteur : il incarnait une mémoire collective, une école artistique et une certaine idée de la grandeur culturelle marocaine.

Aujourd’hui, artistes, intellectuels et admirateurs lui rendent hommage avec une immense tristesse. Car au-delà de l’icône, c’est une voix familière, profondément ancrée dans la mémoire affective des Marocains, qui disparaît.

Abdelwahab Doukkali laisse derrière lui un héritage monumental qui continuera d’habiter les cœurs et les scènes pour longtemps encore. Une légende s’en va, mais son œuvre, elle, restera éternelle.

La rédaction/Le7tv

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page