« Il y a une chaise vide dans cette salle » !… Le Président de la FIFA met le régime algérien face à ses responsabilités dans la détention arbitraire et scandaleuse du journaliste sportif Français Christophe Gleizes

Il est des images qui résument à elles seules une époque. À quelques heures de l’ouverture de la Coupe du Monde de football, le Président de la FIFA, Gianni Infantino, a désigné une chaise vide devant les médias du monde entier. Une chaise réservée au journaliste sportif français Christophe Gleizes, détenu depuis un an en Algérie et condamné pour des accusations d’« apologie du terrorisme ».

Par ce geste hautement symbolique, le patron de la FIFA a lancé un message clair : le seul journaliste sportif emprisonné dans le monde n’est pas absent par choix, mais parce qu’il est privé de sa liberté.

Les paroles de Gianni Infantino sonnent comme un désaveu cinglant pour les autorités algériennes. « Il y a une chaise vide dans cette salle », a-t-il déclaré, exprimant l’espoir qu’un « geste d’humanité » permette à Christophe Gleizes de retrouver sa liberté grâce à une grâce présidentielle.

Cette prise de position, saluée par Reporters sans frontières, dépasse le simple cadre du football. Elle met en lumière les critiques récurrentes formulées par de nombreuses organisations internationales concernant les atteintes aux libertés fondamentales et à la liberté de la presse en Algérie.

L’affaire Christophe Gleizes est devenue le symbole d’un climat où l’exercice du métier de journaliste peut se transformer en parcours judiciaire. Alors que le sport est censé rapprocher les peuples et promouvoir les valeurs d’ouverture, l’emprisonnement d’un journaliste accrédité pour couvrir une compétition mondiale apparaît comme une situation profondément préoccupante.

Le contraste est saisissant. D’un côté, la communauté internationale du football mobilise ses institutions pour défendre le droit d’informer. De l’autre, les autorités algériennes se retrouvent sous le feu des critiques pour une affaire qui ternit davantage l’image du pays sur la scène internationale.

La réaction de Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières, traduit l’importance de cette mobilisation. Selon lui, la FIFA est sortie de la neutralité habituelle pour faire entendre la voix de toute une profession. Cette « chaise vide » n’est pas seulement un symbole ; elle rappelle qu’un journaliste devrait être dans les tribunes d’un stade et non derrière les barreaux.

Au-delà du cas individuel de Christophe Gleizes, cette affaire soulève une question essentielle : quelle place une société accorde-t-elle à la liberté d’informer et au travail des journalistes ?

En choisissant de mettre en avant cette absence devant le monde entier, Gianni Infantino a donné une visibilité internationale à une affaire qui dépasse désormais les frontières algériennes. Son appel à un geste d’humanité résonne comme une invitation à privilégier le dialogue, le respect des libertés fondamentales et la protection du travail journalistique.

Aujourd’hui, cette chaise demeure vide. Mais elle est aussi devenue le symbole d’une exigence universelle : celle de voir les journalistes exercer leur métier librement, sans intimidation ni privation arbitraire de leur liberté.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv