Le Maroc plaide à l’Union Africaine pour une stratégie globale face à la menace terroriste

Le Royaume du Maroc a réaffirmé, mardi devant le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, que la lutte contre le terrorisme en Afrique ne peut se limiter à une réponse exclusivement sécuritaire. Rabat a appelé à une approche globale, alliant prévention, développement, gouvernance et innovation technologique afin de faire face à une menace en constante mutation.

S’exprimant au nom du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, lors de la réunion ministérielle du CPS consacrée au terrorisme et à l’extrémisme violent, l’ambassadeur Mohamed Arrouchi, représentant permanent du Royaume auprès de l’Union africaine et de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), a mis en garde contre l’évolution rapide des groupes terroristes.

Le diplomate marocain a souligné que ces organisations exploitent désormais les avancées technologiques pour perfectionner leurs méthodes de recrutement, diversifier leurs sources de financement et accroître leur capacité de nuisance. Face à cette réalité, il a estimé que les États africains doivent adapter leurs stratégies et renforcer leur coopération afin de répondre efficacement aux nouvelles formes de menace.

Mohamed Arrouchi a insisté sur le fait que les opérations militaires et sécuritaires demeurent indispensables, mais qu’elles ne peuvent garantir des résultats durables si elles ne s’accompagnent pas d’actions visant à éliminer les facteurs qui alimentent le terrorisme et la radicalisation. Selon lui, la prévention doit occuper une place centrale dans l’architecture africaine de lutte contre l’extrémisme violent.

Dans cette perspective, le représentant marocain a plaidé pour un renforcement des dispositifs d’anticipation et d’alerte précoce, notamment par l’intégration d’indicateurs spécifiques permettant de détecter les phénomènes de radicalisation. Il a également mis en avant le potentiel de l’intelligence artificielle pour améliorer l’analyse des risques, identifier les contenus extrémistes et soutenir les efforts de prévention.

Le Royaume a, par ailleurs, rappelé que la lutte contre le terrorisme est indissociable des politiques de développement humain, de bonne gouvernance et de résilience des communautés. Cette vision s’inscrit dans l’approche multidimensionnelle adoptée par le Maroc, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

À cet égard, Mohamed Arrouchi a présenté les principaux piliers de l’expérience marocaine, fondée sur une stratégie intégrée combinant le renforcement des capacités sécuritaires et du renseignement, un arsenal juridique adapté, la promotion d’un islam du juste milieu à travers la formation des imams, la prévention de la radicalisation, les programmes de réinsertion ainsi qu’une coopération africaine et internationale reposant sur le partage d’informations, le développement des capacités et la solidarité Sud-Sud.

En conclusion, le représentant du Royaume a appelé les États membres de l’Union africaine à faire de la déradicalisation un axe majeur de leur stratégie de prévention, à traiter les causes profondes de l’extrémisme en consolidant le lien entre paix, sécurité et développement, à renforcer la participation des femmes et des jeunes dans les politiques de prévention et à élaborer un cadre continental encadrant l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la lutte contre le terrorisme. Cette vision, a-t-il souligné, constitue une réponse durable aux défis sécuritaires auxquels le continent africain est confronté.

La rédaction/Le7tv