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QUI BRÛLE QUI EN ALGÉRIE ? Quand les drames à répétition nourrissent les interrogations sur la responsabilité du régime militaire

Par Abderrazzak Boussaid / Le7tv

Depuis les heures sombres de la décennie noire, une question continue de hanter la mémoire collective des Algériens : « Qui tue qui ? ». Trente ans plus tard, face à la multiplication des catastrophes qui frappent le pays, cette interrogation semble prendre une nouvelle forme : « Qui brûle l’Algérie ? »

Incendies de forêts d’une ampleur exceptionnelle, habitations réduites en cendres, établissements accueillant des enfants sinistrés, explosions mystérieuses dans plusieurs régions, gigantesque black-out ayant paralysé le pays durant plus de quarante-huit heures… L’accumulation de ces crises plonge les Algériens dans l’incompréhension et alimente une profonde défiance envers un régime militaire incapable, selon ses détracteurs, d’assurer les missions les plus élémentaires de protection de la population.

À chaque Été, le même scénario se répète. Des milliers d’hectares disparaissent dans les flammes, des familles perdent leurs maisons, des vies sont fauchées et le patrimoine naturel algérien est ravagé. Pourtant, malgré la récurrence de ces catastrophes, les autorités semblent toujours prises au dépourvu, sans stratégie efficace ni moyens suffisants pour limiter les dégâts.

Cette situation nourrit de nombreuses critiques contre la junte militaire qui dirige de facto le pays depuis des décennies. Ses opposants dénoncent un pouvoir davantage préoccupé par la préservation de son emprise politique, l’augmentation des dépenses sécuritaires et la répression des voix dissidentes que par la protection des citoyens et la modernisation des moyens de lutte contre les incendies.

Le choix de ne pas renforcer durablement la flotte aérienne spécialisée dans la lutte contre les feux de forêt, alors même que les incendies deviennent un phénomène récurrent, est régulièrement présenté par les critiques du régime comme le symbole d’une gouvernance où les priorités ne correspondent pas aux besoins réels de la population.

Au-delà des incendies, les pannes électriques massives, les explosions inexpliquées et les défaillances répétées des infrastructures accentuent le sentiment d’abandon ressenti par de nombreux Algériens. Pour une partie de l’opinion, ces crises successives témoignent avant tout d’un système à bout de souffle, marqué par l’opacité, l’absence de reddition des comptes et une gestion centralisée dominée par l’institution militaire.

Les causes exactes de chacun de ces événements relèvent d’enquêtes qui doivent être établies sur la base de faits. En revanche, ce qui apparaît de plus en plus évident aux yeux de nombreux observateurs est que chaque nouvelle catastrophe renforce la fracture entre les dirigeants et la société. Le manque de transparence, l’absence d’explications convaincantes et la répétition des défaillances alimentent les interrogations plutôt qu’elles ne les dissipent.

Aujourd’hui, la question n’est plus seulement de savoir qui est responsable de chaque incendie ou de chaque panne. Elle est plus large : comment un pays doté d’importantes ressources naturelles et financières peut-il demeurer aussi vulnérable face à des crises qui se reproduisent année après année ?

Pour les détracteurs du régime militaire algérien, la réponse réside dans un système de gouvernance qu’ils jugent verrouillé depuis plus de soixante ans, où la préservation du pouvoir prime sur les investissements destinés à protéger les citoyens et à développer des institutions civiles fortes et responsables.

À mesure que les catastrophes se succèdent, une autre interrogation s’impose : ce n’est peut-être plus seulement « Qui brûle l’Algérie ? », mais « Jusqu’à quand les Algériens devront-ils supporter les conséquences d’un système que ses opposants estiment incapable de répondre aux défis du pays ? »

Abderrazzak Boussaid/Le7tv

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