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Élections législatives en Algérie : Quand le pouvoir militaire tente de sauver les apparences face à une abstention historique

Une fois encore, le pouvoir militaire algérien s’est retrouvé confronté à son principal adversaire : non pas l’opposition, mais l’immense désintérêt des citoyens pour un scrutin dont beaucoup semblent considérer que l’issue est connue d’avance.

Les élections législatives organisées ce jeudi 2 juillet ont été marquées par une participation particulièrement faible. En milieu d’après-midi, l’Autorité Nationale Indépendante des Élections annonçait un taux de participation de seulement 11,24 % !!!…, tandis que plusieurs agences de presse internationales décrivaient des bureaux de vote quasiment vides dans de nombreuses localités.

Ce contraste saisissant entre les images de bureaux désertés et les séquences abondamment diffusées par les médias publics montrant des files d’attente dans certaines régions a immédiatement alimenté les interrogations sur les réseaux sociaux. De nombreuses publications ont affirmé que des groupes d’hommes, des militaires ou des membres des forces de sécurité en tenue civile, auraient été mobilisés pour voter. 

Ce qui est incontestable, c’est que le véritable message adressé par une grande majorité de la population est celui de l’abstention. Une abstention qui ne date pas d’hier et qui s’inscrit dans le prolongement du Hirak, ce vaste mouvement populaire qui réclamait une refondation profonde du système politique.

Malgré les appels répétés des autorités invitant les citoyens à se rendre massivement aux urnes, les électeurs ont, pour beaucoup, choisi une autre forme d’expression : le silence des bureaux de vote.

Cette réalité pose une question fondamentale de légitimité politique. Une Assemblée Nationale peut-elle prétendre représenter pleinement un peuple lorsque la majorité des électeurs décide de ne pas participer au scrutin ?

Les critiques formulées durant la campagne n’ont fait qu’alimenter les doutes. Plusieurs formations politiques ont dénoncé l’invalidation d’un nombre important de listes électorales et leur exclusion de certaines circonscriptions, réduisant encore davantage la perception d’une compétition véritablement ouverte.

L’image renvoyée par ce scrutin dépasse les frontières algériennes. Elle traduit la difficulté persistante du pouvoir à renouer avec une partie de la société qui continue d’exprimer sa défiance envers les institutions par le boycott plutôt que par les urnes.

Quelles que soient les statistiques officielles qui seront publiées au terme du dépouillement, une réalité apparaît déjà difficile à ignorer : la confiance entre les citoyens et leurs institutions demeure profondément fragilisée. Dans une démocratie, la participation constitue l’une des principales sources de légitimité. Lorsqu’elle s’effondre durablement, ce n’est pas seulement une élection qui est en difficulté, mais la crédibilité même du processus politique.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv

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