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Présentation de « Moi, fille d’un prisonnier politique » de Soumaya Naâmane Guessous, l’évènement culturel du SIEL 2026

À l’occasion du Salon International de l’Édition et du Livre 2026, qui se tient à Rabat, Soumaya Naâmane Guessous présentera officiellement son nouvel ouvrage, « Moi, fille d’un prisonnier politique », ce dimanche 3 mai. Un livre fort, à la fois intime et universel, qui donne voix à une expérience longtemps tue.

Dans ce récit profondément personnel, l’auteure revisite son enfance marquée par l’arrestation de son père, survenue dans le Maroc des années 1960. À travers les yeux d’une fillette, le lecteur découvre un monde bouleversé sans explication : les silences des adultes, les regards fuyants, et cette peur diffuse qui s’installe sans jamais être nommée. L’enfance devient alors un espace d’interprétation fragile, où l’imaginaire tente de combler les vides laissés par l’indicible.

L’originalité de l’ouvrage réside dans sa construction à deux voix. Celle de l’enfant, spontanée et déroutante, cohabite avec celle de l’adulte, qui revient sur ces événements avec lucidité. Ce dialogue entre passé et présent permet de comprendre comment une mémoire que l’on croyait apaisée peut ressurgir avec intensité, portée par une nécessité intérieure.

Mais ce livre dépasse largement le cadre autobiographique. Il met en lumière une réalité souvent ignorée : celle des familles de prisonniers politiques. Derrière chaque militant emprisonné, ce sont des épouses, des mères et des enfants qui vivent une peine silencieuse, sans reconnaissance sociale. Dans le contexte des années de plomb, cette souffrance se double d’isolement et d’incompréhension.

À travers des scènes marquantes — une journée d’été interrompue à la plage, les visites en prison mêlant espoir et humiliation, ou encore le poids du regard social à l’école — l’auteure restitue avec finesse les contradictions d’une enfance oscillant entre moments de joie et ruptures brutales.

Pourtant, loin de tout misérabilisme, le récit célèbre aussi la dignité et la résilience. Il rend hommage à la force des femmes, piliers silencieux face à l’adversité, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui ont lutté pour un Maroc plus juste.

Avec une écriture à la fois sensible et maîtrisée, Soumaya Naâmane Guessous livre un texte poignant, où la mémoire individuelle rejoint l’histoire collective. Moi, fille d’un prisonnier politique s’impose ainsi comme un témoignage essentiel, une œuvre de transmission et un acte de parole longtemps différé.

Sa présentation au SIEL 2026 s’annonce comme un moment fort, invitant le public à découvrir un récit qui, au-delà d’une histoire personnelle, interroge la mémoire, la justice et la dignité.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv

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