Engrais : Après Washington, New Delhi se tourne vers le Maroc pour sécuriser ses approvisionnements

Dans un contexte international marqué par les perturbations des chaînes d’approvisionnement liées à la guerre au Moyen-Orient, l’Inde intensifie ses démarches pour sécuriser ses besoins en engrais. Après les États-Unis, New Delhi a engagé des discussions avec le Maroc, mais aussi avec la Russie et la Biélorussie, afin de diversifier ses sources d’approvisionnement.
Selon des informations relayées par Reuters, cette initiative s’inscrit dans les préparatifs de la saison agricole estivale, période durant laquelle la demande en engrais connaît traditionnellement un pic, notamment pour la culture du riz, du maïs, du coton et des oléagineux.
Parmi les plus grands importateurs mondiaux, l’Inde dépend fortement des marchés internationaux pour des produits stratégiques tels que l’urée, le phosphate diammonique (DAP) ou encore la potasse. Malgré des stocks actuellement plus confortables que l’an dernier, les autorités redoutent qu’un prolongement du conflit au Moyen-Orient ne vienne fragiliser ces équilibres.
Dans ce contexte, le Maroc s’impose comme un partenaire de premier plan. Le Royaume, via le géant OCP Group, figure parmi les leaders mondiaux de la production et de l’exportation d’engrais phosphatés, jouant un rôle clé dans l’approvisionnement de marchés stratégiques, dont celui de l’Inde.
Les discussions en cours s’appuient déjà sur des accords structurants. Le gouvernement indien a en effet annoncé avoir sécurisé des volumes supplémentaires d’engrais à travers des partenariats à long terme, incluant notamment un approvisionnement annuel de 2,5 millions de tonnes en provenance du Maroc pour la période 2025-2026.
Cette stratégie vise à renforcer la résilience du marché indien face aux chocs externes, en garantissant des stocks suffisants et des prix maîtrisés pour les agriculteurs, en particulier lors des saisons agricoles majeures.
L’intérêt croissant pour le Maroc intervient dans un mouvement global. Washington a récemment engagé des discussions similaires avec Rabat, considérant le Royaume comme une alternative crédible face aux perturbations du Golfe. Le conseiller économique de la Maison-Blanche, Kevin Hassett, a d’ailleurs qualifié ces échanges de « garantie » pour sécuriser les approvisionnements américains.
Dans un marché mondial sous tension, le Maroc confirme ainsi son rôle stratégique en tant que fournisseur fiable et incontournable, au cœur des enjeux de sécurité alimentaire mondiale.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv



