Des leaders confessionnels et des Droits de l’Homme saluent à Genève le modèle Marocain de dialogue religieux

Des leaders confessionnels et des droits de l’Homme ont salué, jeudi à Genève, en marge de la 61e session du Conseil des droits de l’Homme, le modèle marocain de coexistence religieuse et les multiples initiatives lancées par le Royaume en matière de promotion du dialogue interreligieux et de prévention de la haine.

Intervenant lors d’un événement consacré à la lutte contre les discours de haine, organisé par la Mission permanente du Royaume à Genève, le Représentant du Congrès juif mondial auprès de l’ONU à Genève et de l’UNESCO, Leon Saltiel, a mis en avant la « longue et illustre » histoire de la présence juive au Maroc, marquée, selon lui, par la coexistence pacifique, le dialogue et le progrès partagé.
M. Saltiel a souligné que la Constitution marocaine reconnaît explicitement les influences juives qui ont contribué à “nourrir et enrichir” l’identité du Royaume.
Il a également évoqué les efforts engagés par le Royaume pour préserver cet héritage, rappelant avoir constaté lui-même la restauration de synagogues et de cimetières juifs à travers le pays ainsi que la création de musées juifs, visités par des Marocains et des touristes désireux de découvrir leur importance historique et culturelle.
“Le peuple juif entretient une longue et illustre histoire au Maroc”, a-t-il affirmé, estimant que cet héritage constitue un exemple de coexistence et de dialogue interreligieux.
Dans un contexte international marqué par la recrudescence des discours de haine et de l’antisémitisme, l’intervenant a plaidé pour un renforcement du dialogue interreligieux et de la coopération entre communautés afin de combattre l’intolérance.
M. Saltiel a souligné que la haine visant une communauté affaiblit les principes qui protègent toutes les autres, rappelant que l’éducation, la coopération internationale et l’engagement des responsables religieux demeurent des instruments essentiels pour promouvoir la coexistence pacifique.
Pour sa part, le directeur des affaires internationales du Conseil œcuménique des Églises, Peter Prove, a affirmé que “le Royaume du Maroc offre un terreau incroyablement fertile pour des initiatives positives” dans ce domaine du dialogue interreligieux et de la prévention de la haine.
L’intervenant a présenté le Plan d’action pour les leaders religieux (Fès) comme un outil structurant autour de trois axes : prévenir l’incitation, renforcer les capacités et le dialogue, et construire des sociétés pacifiques et inclusives.
M. Prove a insisté sur l’importance que les leaders religieux rejettent publiquement les discours de haine tout en protégeant la liberté d’expression, et sur le rôle du Maroc comme exemple de collaboration entre communautés pour développer la confiance, impliquer les jeunes et soutenir le leadership des femmes.
De son côté, M. Michael Wiener, responsable au sein de la branche Égalité et non-discrimination au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, a mis en avant le rôle pionnier du Maroc dans la promotion des droits des croyants et la lutte contre les discours de haine, soulignant que le Royaume illustre comment les engagements interreligieux peuvent se traduire en actions concrètes pour promouvoir le respect, le dialogue et la coexistence pacifique.
Il a ainsi rappelé que le Plan d’action de Rabat, adopté en 2012, sert de cadre de référence pour l’identification de l’incitation à la haine selon le droit international des droits de l’Homme et qu’il est utilisé comme référence par plusieurs tribunaux nationaux et régionaux.
Il a ajouté qu’à Marrakech, des jeunes participants de plusieurs pays ont transformé les 18 Engagements sur les droits des croyants en messages courts et concrets, démontrant l’implication des acteurs locaux et la portée éducative de ces initiatives.
Par ailleurs, l’Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU à Genève, l’archevêque Ettore Balestrero, a mis en garde contre la dégradation du langage dans le débat public, soulignant que les mots peuvent soit construire des ponts entre les personnes et les communautés, soit devenir des armes qui blessent et divisent.
L’archevêque a, toutefois, souligné l’importance du respect des obligations découlant des conventions internationales des droits de l’homme, pour éviter toute instrumentalisation de cette thématique pour justifier la censure.
De son côté, le secrétaire général par intérim du Centre international Roi Abdallah ben Abdelaziz pour le dialogue interreligieux et interculturel (KAICIID), Antonio de Almeida-Ribeiro, a souligné que combattre les discours de haine passe par la protection des droits, l’éducation, la régulation du numérique et l’engagement actif des leaders religieux et de la société civile.
Modérée par l’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU à Genève, Omar Zniber, cette rencontre placée sous le thème: “la protection des droits de l’homme par la lutte contre les discours de haine et la promotion du dialogue interreligieux”, a été marquée a réuni une vaste audience et divers intervenants.
La rédaction/Le7tv



