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L’ALGÉRIE ET LES ÉMIRATS ARABES UNIS AU BORD DE LA RUPTURE DES RELATIONS DIPLOMATIQUES

L’Algérie officielle semble avoir fait de la rupture diplomatique un mode de gouvernance. Après avoir méthodiquement sabordé ses relations avec le Maroc, puis multiplié les tensions avec le Sahel, Paris et plusieurs capitales occidentales, le régime militaire algérien s’attaque désormais aux Émirats Arabes Unis. Une fuite en avant révélatrice d’un pouvoir isolé, crispé et incapable de penser la diplomatie autrement que par l’affrontement.

Depuis plusieurs mois, la presse algérienne inféodée au pouvoir, les médias publics et les relais sécuritaires désignent Abou Dhabi comme un nouvel ennemi stratégique. Les accusations pleuvent : ingérence régionale, déstabilisation du Sahel, soutien présumé au MAK, financement de campagnes médiatiques hostiles, rapprochement avec le Maroc. Aucun élément probant, mais une certitude : le régime algérien a besoin d’un coupable extérieur pour justifier son déclassement.

Cette hystérie contraste avec une vérité que le pouvoir tente d’effacer : l’Algérie n’a jamais été aussi seule sur la scène internationale, tandis que le Maroc engrange soutiens diplomatiques, partenariats stratégiques et reconnaissance croissante de ses positions, notamment sur le Sahara. Incapable de rivaliser sur le terrain du réalisme et de l’influence, Alger choisit celui de la victimisation et de l’invective.

Le plus frappant reste l’amnésie sélective du régime. Sous Abdelaziz Bouteflika, les Émirats étaient choyés, courtisés, servis. Ports concédés sans appel d’offres, industrie du tabac offerte, projets militaires imposés contre l’avis des experts, armes défectueuses validées par décret, foncier bradé, expropriations abusives, scandales immobiliers monumentaux comme Dunia Parc… L’Algérie n’était pas souveraine : elle était une chasse gardée.

Aujourd’hui, les mêmes cercles qui ont tout cédé hier hurlent à l’ingérence. Pire encore, l’État algérien a dû payer 280 millions de dollars à un fonds émirati après un arbitrage international perdu — symbole éclatant de l’incompétence et de l’irresponsabilité d’un pouvoir qui dilapide l’argent public avant de désigner des ennemis imaginaires.

La dénonciation récente de la convention aérienne algéro-émiratie est un acte politique lourd, mais surtout désespéré. Elle illustre une diplomatie punitive, irrationnelle, dictée non par l’intérêt national mais par les obsessions d’un appareil militaire incapable d’accepter que le monde ne tourne plus autour d’Alger.

Les déclarations invectives et abjectes du Président Tebboune, mêlant mémoire des martyrs, insultes, menaces à peine voilées et attaques personnelles, confirment l’état de nervosité d’un régime qui gouverne par la rancœur. Lorsqu’un État confond politique étrangère et règlement de comptes, il cesse d’être crédible.

L’Algérie ne rompt pas avec les Émirats parce qu’elle est forte. Elle rompt parce qu’elle est affaiblie, encerclée par ses propres échecs et prisonnière d’un logiciel idéologique obsolète. À défaut de réformes, de vision et de leadership civil, le régime militaire choisit le chaos diplomatique comme dernier refuge.

Mais à force de brûler les ponts, l’Algérie risque de se retrouver face à un miroir brutal : celui d’un pays sans valeur diplomatique et totalement appauvri à cause de ses gouvernants séniles et mafieux

Abderrazzak Boussaid/Le7tv

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