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La Présidente de la Cour des Comptes, Zineb El Adaoui, appelle à une stratégie foncière nationale et à des mécanismes incitatifs pour mobiliser les compétences au niveau de tous les territoires

La Présidente de la Cour des Comptes, Mme Zineb El Adaoui, a souligné, mardi, l’importance de renforcer l’attractivité des territoires et appelé à l’adoption d’une stratégie foncière nationale, ainsi qu’à l’instauration de mécanismes incitatifs permettant de former, d’attirer et de retenir les compétences au sein de tous les territoires, tout en garantissant leur stabilité professionnelle.

Revenant sur les actions poignantes de la Cour des compte devant les deux Chambres du Parlement, Mme El Adaoui a souligné l’importance de la mise à disposition de l’assiette foncière pour stimuler et attirer les investissements privés, tant en milieu urbain qu’en milieu rural.

Cela nécessite, selon elle, l’adoption d’une stratégie foncière nationale intégrée qui garantit la cohérence des interventions des différents acteurs et facilite l’accès des investisseurs au foncier, parallèlement à l’instauration de mécanismes appropriés pour la récupération des biens immobiliers et des propriétés publiques spoliés ou exploités de manière illégale, et la prise de mesures coercitives si nécessaire.

Elle a indiqué que les territoires disposent de potentiels énergétiques qui en font des zones d’attraction pour des investissements prometteurs au niveau national, tels que les énergies renouvelables qui, bien que leur part totale dans le mix électrique ait atteint 45,3 % en 2024, leur contribution à la production d’électricité n’a pas dépassé 26,7 % à l’échelle nationale, ce qui a nécessité le maintien d’une large dépendance aux énergies fossiles pour la production électrique.

À ce propos, elle a rappelé que la Cour des comptes a recommandé la nécessité d’accélérer les investissements, particulièrement dans le domaine de l’énergie solaire ainsi que dans le réseau de transport d’électricité, notamment le projet de l’”Autoroute électrique” reliant Dakhla à Casablanca.

En lien avec les problématiques de développement territorial et l’exploitation optimale des ressources hydriques disponibles, elle a expliqué que la gestion de l’eau exige la poursuite d’une rationalisation accrue et la lutte contre les comportements répréhensibles et irresponsables au niveau de chaque territoire, que ce soit dans les régions connues pour leur abondance ou celles souffrant de pénurie, ou encore dans des conditions de successions de périodes climatiques contrastées.

Considérant que les ressources humaines constituent l’un des piliers fondamentaux de la réussite des programmes de développement, elle a souligné que la Cour des comptes incite à l’accélération de la préparation d’une stratégie nationale intégrée pour la mise à niveau de la fonction publique territoriale.

Cette stratégie, a-t-elle expliqué, doit prendre en considération les spécificités spatiales, sociales et économiques de chaque région, et s’appuyer sur une contractualisation institutionnelle entre l’État et les régions dans le domaine de la gestion du capital humain, tout en prenant en compte les compétences dévolues aux collectivités territoriales dans le cadre du déploiement de la régionalisation avancée.

Mme El Adaoui a ajouté, dans le même contexte, que la Cour recommande de renforcer l’attractivité de la fonction publique territoriale via des mécanismes incitatifs de nature à attirer les compétences et à garantir leur stabilité professionnelle, et d’inclure ces mécanismes dans un statut de base pour les catégories de salariés concernés.

Elle a également signalé que la Cour met l’accent sur l’importance de consacrer le travail collectif entre les différents acteurs institutionnels, à travers la coopération, la mutualisation et l’échange d’expertises et de compétences, afin de mieux les employer aux niveaux local et territorial, particulièrement pour les programmes et projets stratégiques.

S’agissant de la formation du capital humain, qui constitue l’un des facteurs décisifs du processus de développement économique et social, elle a rappelé que la création des Cités des Métiers et des Compétences, considérée comme l’un des piliers de la feuille de route pour le développement de la formation professionnelle initiale, a bénéficié d’un cadre de gouvernance précis et que son financement a été sécurisé par une convention multipartite signée en février 2020 pour une enveloppe budgétaire initiale de 3,6 milliards de dirhams, révisée en 2025 pour atteindre 5,9 milliards de dirhams.

Cependant, a-t-elle fait observer, la réalisation de ces Cités a connu un retard manifeste par rapport aux délais prévus puisque, jusqu’à la rentrée scolaire 2024-2025, sept (07) établissements sur 12 ont été mis en service, soit environ 74 % de la capacité d’accueil prévue, estimée à 34 000 places par an.

Dans le même sillage, et concernant l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT), acteur majeur dans le domaine de la formation et de la réponse aux besoins des entreprises dans les secteurs productifs, Mme El Adaoui a précisé que la Cour incite à l’instauration d’un mécanisme contractuel approprié le liant à l’État au niveau des objectifs, des moyens et des résultats escomptés, à travers des indicateurs aux dimensions territoriales et sectorielles, assurant que cette contractualisation vise principalement à sécuriser le financement des projets de la feuille de route et à en assurer le suivi.

La rédaction/Le7tv

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