M. Jazouli : « L’Europe doit rapidement considérer l’Afrique comme un allié et un partenaire capable de bâtir un avenir commun »

Le ministre délégué chargé de la Coopération africaine, Mohcine Jazouli, a souligné, lundi, devant le Sommet européen des Affaires “European Business Summit” de Bruxelles, la pertinence de la vision africaine du Maroc pour conforter le nouveau paradigme régissant la relation Union européenne-Afrique, basée sur la logique de “co-construction”.
Intervenant lors d’un panel intitulé “vers une Alliance renouvelée Afrique/UE”, M Jazouli a souligné que “cette alliance est une nouvelle opportunité, appelée à créer une rupture avec les schémas passés en évoluant d’une logique d’assistés consommateurs à une logique de partenaires coproducteurs et c’est ce dont l’Afrique a grandement besoin aujourd’hui”.
Pour le ministre délégué, l’Europe doit rapidement considérer l’Afrique comme un allié et un partenaire capable de bâtir un avenir commun, de réaliser des projets concrets, d’affronter les mêmes défis avec le même regard et la même complicité, “le tout pour susciter un réel désir d’Afrique”.

C’est d’ailleurs, a-t-il dit, “ce désir d’Afrique qui a poussé le Maroc à enclencher il y a 20 ans une nouvelle dynamique en direction du Continent, grâce à la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dont l’objectif principal a toujours été le développement économique et social inclusif”.
La cinquantaine de visites royales dans plus de 30 pays africains ou encore les 1000 accords de coopération signés sont autant d’illustrations qui démontrent “l’engagement total du Maroc sur son continent”, a relevé M Jazouli.
“C’est dans ce même esprit que le Maroc, pour accompagner les autres pays africains dans leur élan de développement et de croissance, favorise la coopération triangulaire et en fait un de ses piliers du partenariat Sud Sud”, a-il noté, ajoutant que “le Royaume, compte tenu de sa position géographique, de son histoire séculaire, de sa dynamique de développement avérée et de son encrage africain, constitue une passerelle, un trait-d’union entre nos deux continents qui contribuera, nous l’espérons à transformer les paroles en actes et à gagner ainsi le pari de l’émergence de l’Afrique”.
M Jazouli a appelé dans ce sens à tirer profit du potentiel énorme que présente le continent africain que ce soit sur le plan humain, des ressources naturelles, ou de la croissance économique – sur les 10 pays ayant la plus forte croissance en 2018, six sont africains-, déplorant que “ces richesses soient trop souvent exportées à l’état brut, rarement transformées sur place, avec comme conséquence une chaîne de valeurs en pointillée qui ne participe pas à la croissance économique nécessaire pour répondre efficacement aux besoins et aux exigences des populations africaines”.
Et de conclure: “nous avons un destin commun qui nous impose de relever les défis du moment afin de partager les réussites de demain”.
L’idée de communauté de destin est partagée par les différents participants à ce panel, dont le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Belgique, Didier Reynders, initiateur du sommet, le commissaire européen à l’Agriculture et au Développement rural, Phil Hogan, le Commissaire aux affaires économiques de l’Union africaine (UA),Victor Harison, ou encore les ministres des affaires étrangères de Côte d’Ivoire et du Rwanda.
Ouvrant le panel, M. Reynders a souligné que l’Afrique revêt une importance particulière pour l’Europe et qu’il faut travailler pour une croissance inclusive en Afrique qui passe par un secteur privé développé, notamment, dans les domaines du transport, de la logistique, de l’agriculture, du renforcement des capacités et du développement des infrastructures.
De son côté, le commissaire européen a insisté sur l’importance de préserver les ressources naturelles, et s’assurer en particulier du développement de l’Agriculture et la sécurité alimentaire et la création des emplois notamment chez les jeunes.
Pour sa part, le commissaire de l’UA a souligné l’importance de la transformation productive en Afrique dont la chaîne de valeurs est très faible. A ses yeux, la Zone de Libre échange continentale (ZLECAF) est une opportunité à la fois pour les Africains, et pour les autres partenaires de l’Afrique.
Cette rencontre se veut comme un préambule au sommet qui se tiendra les 28 et 29 novembre à Marrakech avec la participation de dirigeants européens et africains dans la perspective de conforter la relation Europe-Afrique.

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