L’autre derby Raja-Wydad Benzerti et Hadraf victimes du forfait de la préparation mentale

 

Le dernier derby Raja-Wydad (0-1), qui s’est déroulé au grand stade de Marrakech, a été l’occasion pour attirer l’attention, encore une fois, sur l’absence d’un préparateur mental et ses répercussions négatives sur le comportement des acteurs: joueurs et staff technique.

Zakaria Hadraf et le gardien Anas Zniti du côté du Raja et le coach Faouzi Benzerti, pour le Wydad.
On peut rappeler également le « cas » de Badr Banun, capitaine des Aigles Verts, qui a écopé d’une lourde suspension de six matches, en plus de lourdes amendes.

UN PSY DANS LE STADE: UNE OBLIGATION

Tous ces cas cliniques, relèvent de la spécialité et de l’expertise d’un préparateur mental, un métier tout aussi important que celui de l’entraîneur, du médecin, du préparateur physique, du kiné, sur le banc de touche!
Mais aucun club, ni fédération marocains n’ont jugé utile de recourir aux services d’un coach mental.
Seule la fédération royale marocaine de golf a recruté un Psy à plein temps, Abderrahim Baria lauréat de l’université canadienne.
Il a tout essayé, pour s’impliquer et être reconnu, en football, en tennis avant d’atterrir à la FRMG où il entreprend un travail de fond appréciable et apprécié.
Il fut président de l’Association Marocaine de la Psychologie du Sport (AMPSYS) et membre de la Société Internationale de la Psychologie du Sport (ISSP) et qui a tenu un Congrès à Marrakech, avec des forums animés par les meilleurs experts du monde.
Mais il n’y a pas eu de suivi, malheureusement, malgré l’optimisme affiché par les organisateurs, qui ont eu droit au prix de la recherche arabe.
Pourquoi notre sport et particulièrement le football est réticent et hostile au recrutement de coaches mentaux?
Il y a à cela des bolcages d’ordre culturel et comme à ses débuts en Europe, la Psychologie à été longtemps confondue à la psychiatrie ou à la psychanalyse dans certains cas très limités.
En plus, beaucoup d’entraîneurs marocains ou étrangers, exerçant au Maroc, refusent d’être « doublés » par un élément, jugé étranger au groupe et s’estiment compétents pour réussir l’optimisation de la performance sportive.
Mais qu’en est-il des tensions affectives intra-personnelles, émotion, stress, confiance en soi, déprime, ou interpersonnelle à travers la cohésion, le leadership etc.?

GOLF ET… MAT

Un seul entraîneur a fait montre de grande compréhension et admis la présence d’un Psy, Aziz Amri, du temps où il était au Maghreb de Tétouan et avec lequel il a réussi deux sacres.
Pour les autres clubs, ce sont les joueurs et leurs familles qui rejettent le Psy.
Des mères sont venues s’inquiéter auprès d’un entraîneur, quand ce dernier avait conseillé à un joueur de consulter un préparateur mental.
D’ailleurs c’est pour éviter toute confusion que les mentalistes ont donné un nom plus soft à la discipline, mentaliste et ne parlent plus de psychologie, toujours confondue avec la psychiatrie et la maladie mentale.

PLUS ON EST DE FOUS…

Mais l’absence d’un coach mental coûte cher à nos clubs et particulièrement au Raja, où on multiplie les recrutements et, aussi, les risques de rejet.
Depuis les deux affaires Banun et Hadraf. Ce dernier s’est comporté en cas clinique idéal-type pour tout coach mental, même débutant.
S’il avait fait l’objet d’un suivi, il n’aurait jamais agi en adoptant un comportement de rejet des normes d’intégration et d’identification au groupe. Et il est sûr que le club n’en aurait pas souffert, surtout en matière d’optimisation de la performance. Et du résultat négatif en fut la conséquence.
Autre faille dans le recours au Psy du sport, c’est qu’on considère que la consultation peut être occasionnelle et jamais continue dans le temps.
Les psy professionnels refusent généralement ce « bricolage mental » et réclament la longue durée.
Des symptômes peuvent apparaître chez tel ou tel cas, comme pour Banun, qui semble de plus en plus extraverti et qui multiplie les actions litigieuses.
Depuis l’agression d’un photographe, le carton rouge et l’agression verbale rapportée par l’arbitre, ce qui a donné lieu à un verdict sévère, par une commission qui a privilégié la récidive et refusé la moindre circonstance atténuante. Comme, ailleurs dans le cas de Christiano Ronaldo!
On mettra de côté la communication des joueurs, face aux micros et aux caméras, qui est le produit inconscient de tensions affectives, beaucoup plus que rationnelles. On dit n’importe quoi, tout et son contraire !

SHAHLOULA » OU LE SUBCONSCIENT MAGHRÉBIN

Et les joueurs ne sont pas les seules victimes de l’absence des psychologues dans nos stades. Un entraîneur est sorti du lot et pas n’importe qui, puisqu’il s’agit d’un vieux routier des stades, M. Faouzi Benzerti.
Il a cru utile d’aller rappeler à l’ordre un jeune joueur, en manifestant sa colère à la fin du match, sur le terrain, face au public et… aux caméras!
Un rappel à l’ordre à portée pédagogique aurait pu attendre, dans les vestiaires, par exemple !
Et sans vouloir blâmer personne et nous substituer à un Psy, on dira que beaucoup reste à faire avant qu’on n’admette la nécessité professionnelle d’un psy dans nos stades.
Et nous disons bien psychologue du football.
On rappellera que les pays qui occupent le leadership, lors des Jeux Olympiques, recourent au service de dizaines de Psy pour éviter que les grandes stars ne passent à côté de grandes carrières.
Et ce ne sont pas les cas qui manquent, chez nous et la liste est longue pour les citer tous!


Belaïd BOUIMID

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur

Les commentaires sont fermés.