Le site djihadiste « Ansar Al Haqq » soumis à la justice parisienne

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Fin des années 2000, avant la guerre en Syrie, le site Ansar Al-Haqq était représentatif du Web djihadiste en français. Quatre hommes, dont Farouk Ben Abbes, figure de l’islamisme radical, sont mis en examen à partir de mercredi 4 juillet à Paris.

Trois comparaîtront pour association de malfaiteurs à visée terroriste, ce vendredi, pour avoir alimenté entre 2006 et 2010 ce forum désormais fermé, dont le nom signifie « Les partisans de la vérité ». Le quatrième, parti en Irak et en Syrie en 2015, échappe à la justice.

Tous sont soupçonnés d’avoir « endoctriné »« incité », voire « recruté » pour le combat armé par diverses publications sur ce forum qui « soutenait ouvertement les combattants djihadistes et les organisations terroristes », dans un « djihad médiatique » prôné notamment par Al-Qaïda.

Sur Ansar Al-Haqq, on pouvait lire des revendications d’attentats rédigées par divers groupes djihadistes, des appels à combattre les « mécréants », la propagande des Chabab somaliens ou de l’Etat islamique d’Irak, les numéros de téléphone de talibans afghans ou encore des appels aux dons pour des « frères » incarcérés.

En 2010, au moment de la mise en examen des quatre hommes, le site, décrit comme le « site francophone djihadiste de référence» comptait 2 000 membres, dont près de 500 actifs, et quelque 39 000 messages.

Parmi les prévenus, figure Farouk Ben Abbes. Cet homme présenté comme une figure de la mouvance islamiste radicale, dont le nom est apparu à plusieurs reprises dans des dossiers antiterroristes récents, sera jugé pour la première fois dans une affaire de ce type.

Le Belgo-Tunisien était l’un des plus anciens assignés à résidence de France : il était soumis à cette mesure, levée en mai, depuis les lendemains des attentats du 13 novembre 2015. C’est par la voix d’un de ses proches, Fabien Clain, que les attaques avaient été revendiquées pour le compte de l’organisation Etat islamique.

«Très fréquemment consulté par la plupart des islamistes radicaux français» poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste, selon les juges, le site mettait aussi le logiciel de cryptage Mujahideen Secret à disposition de ses membres.

 

Sofia ammor

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