L’Union Européenne a décidé d’inscrire Air Express Algeria, filiale d’Air Algérie spécialisée dans le transport de personnel et les évacuations sanitaires, sur sa liste noire des compagnies aériennes interdites d’exploitation dans l’espace européen. Cette décision, prise dans le cadre du règlement d’exécution (UE) 2026/1317, fait suite à de sérieuses défaillances relevées par les autorités européennes en matière de sécurité aérienne.
L’enquête menée par l’Agence de l’Union Européenne pour la sécurité aérienne (AESA) a notamment mis en évidence l’absence de preuves attestant d’un programme de formation conforme pour les pilotes, des dossiers incomplets concernant les équipages, ainsi que huit anomalies majeures demeurées sans correction malgré plusieurs demandes des autorités européennes.
La demande d’autorisation d’exploitation déposée par Air Express Algeria en juin 2025 avait déjà été rejetée en décembre de la même année, l’AESA estimant que la compagnie n’était pas en mesure de démontrer le respect des normes internationales en matière de qualification des équipages et de gestion de la sécurité. Les explications fournies par la compagnie ainsi que par l’Agence nationale de l’aviation civile algérienne (ANAC) lors d’une audition à Bruxelles n’ont pas permis de dissiper les inquiétudes des experts européens.
Les autorités de l’Union ont également reproché à la compagnie d’avoir effectué plusieurs vols d’évacuation médicale vers l’Europe sous un régime administratif inadapté, sans disposer de l’autorisation réglementaire requise pour des opérations de transport commercial.
Au-delà des défaillances propres au transporteur, Bruxelles s’est également inquiétée des insuffisances du système de supervision de l’aviation civile algérienne. Un audit de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), réalisé en février 2025, avait déjà mis en évidence d’importantes lacunes dans la délivrance des licences, le contrôle des exploitants et le suivi des problèmes de sécurité. Selon les informations communiquées par l’ANAC, seulement 12 % des mesures correctrices recommandées par l’OACI avaient été mises en œuvre dans plusieurs domaines essentiels.
La Commission européenne souligne également des incohérences entre les déclarations de l’ANAC et celles d’Air Express Algeria concernant l’état réel des corrections engagées, alimentant les doutes sur l’efficacité du contrôle exercé par les autorités algériennes.
Cette interdiction concerne exclusivement Air Express Algeria et ne s’étend pas, à ce stade, à Air Algérie. Toutefois, la Commission Européenne a demandé aux États membres de l’Union, de renforcer les inspections au sol des appareils exploités par les compagnies Algériennes.
La rédaction/Le7tv