Le climat d’apaisement amorcé entre les États-Unis et l’Iran semble déjà voler en éclats. Moins de deux semaines après la signature d’un protocole d’accord destiné à mettre un terme aux affrontements au Moyen-Orient, les autorités iraniennes ont vivement condamné les frappes aériennes américaines menées dans la soirée du vendredi 26 juin contre plusieurs sites situés dans le sud du pays.
Dans un communiqué publié ce samedi 27 juin, le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé une « violation flagrante » du protocole conclu avec Washington, estimant que cette opération militaire constitue également une entorse au droit international et aux principes de la Charte des Nations unies. Téhéran accuse les États-Unis d’avoir rompu les engagements pris dans le cadre des efforts de désescalade entrepris ces dernières semaines.
Selon les autorités américaines, ces frappes ont été lancées en représailles à une attaque de drone attribuée à l’Iran contre un cargo naviguant dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite une part essentielle du commerce mondial des hydrocarbures. Cette nouvelle confrontation militaire ravive les craintes d’une reprise des hostilités dans une région toujours marquée par une extrême instabilité.
Dans le même temps, la République islamique a réaffirmé sa volonté de préserver son rôle dans la sécurisation du détroit d’Ormuz. Cette déclaration intervient après la publication d’un communiqué conjoint des États-Unis et des six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui ont insisté sur la nécessité de garantir une navigation « libre, inconditionnelle et sans restriction » dans cette zone maritime hautement stratégique, tout en rejetant toute tentative iranienne d’imposer des restrictions ou des droits de passage.
Réagissant sur le réseau social X, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a affirmé que la sécurité du détroit d’Ormuz ne pouvait être assurée sans tenir compte du rôle de l’Iran en tant qu’État riverain, rejetant toute initiative internationale qui marginaliserait Téhéran dans la gestion de cette route maritime essentielle.
La tension s’est encore accrue après l’attaque d’un navire marchand battant pavillon singapourien, endommagé jeudi lors de son passage dans le détroit. Bien que le bâtiment ait pu poursuivre sa route sans faire de victimes, cet incident a conduit l’Organisation maritime internationale (OMI) à suspendre temporairement son programme d’évacuation des centaines de navires restés immobilisés dans le Golfe depuis le début du conflit, en attendant de nouvelles garanties de sécurité.
Malgré cette dégradation de la situation sécuritaire, les marchés pétroliers ont relativement bien résisté. Les prix du brut ont poursuivi leur repli, les investisseurs misant sur une reprise progressive des exportations énergétiques de la région. Le géant saoudien Saudi Aramco a notamment repris les chargements de pétrole depuis le terminal de Ras Tanura, le plus grand complexe pétrolier au monde, après près de quatre mois d’interruption. Les expéditions d’engrais commencent également à reprendre progressivement.
Toutefois, les analystes demeurent prudents. Les risques d’une nouvelle escalade militaire, les infrastructures encore endommagées et la présence de nombreux navires toujours bloqués dans le Golfe continuent d’alimenter les inquiétudes quant au retour durable de la stabilité dans cette région, qui demeure l’un des principaux carrefours énergétiques de la planète.
La rédaction/Le7tv