Hicham Balaoui, le Procureur Général du Roi près la Cour de Cassation et Président du Ministère Public, a pris part, ce mardi 9 juin 2026 à Marrakech, aux travaux du deuxième Forum des procureurs spécialisés dans la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic illicite des migrants. Cette rencontre a réuni des responsables, des experts ainsi que des représentants d’organisations internationales et régionales venus de plusieurs pays.
Dans son allocution d’ouverture, le Président du Ministère Public a souligné que les crimes de traite des êtres humains et de trafic de migrants figurent parmi les formes de criminalité transnationale les plus graves, en raison des atteintes qu’ils portent à la dignité humaine et aux droits fondamentaux. Il a également attiré l’attention sur les défis croissants liés aux avancées technologiques, à l’intelligence artificielle et à l’exploitation des plateformes numériques par les réseaux criminels pour recruter et exploiter leurs victimes.
Il a rappelé que le Royaume du Maroc a fait de la lutte contre la traite des êtres humains et de la protection des victimes un choix stratégique, en cohérence avec ses engagements en matière de droits de l’Homme, à travers le renforcement du cadre juridique et institutionnel ainsi que le développement des mécanismes de protection, d’accompagnement et de prise en charge des victimes.
Le Président du Ministère Public a également présenté les efforts déployés par son institution dans ce domaine, notamment le renforcement de la spécialisation des magistrats du parquet, la création d’un réseau de magistrats référents chargés des affaires de traite des êtres humains, l’émission de circulaires destinées à harmoniser les pratiques, ainsi que le développement d’outils opérationnels visant à améliorer le traitement de ces dossiers et à garantir les droits des victimes.
Il a précisé que l’approche adoptée ne se limite pas à l’aspect répressif, mais repose également sur une dimension profondément humaine, faisant de la protection des victimes et de la préservation de leur dignité un axe central de la politique pénale, tout en élargissant le champ de la protection aux victimes indirectes affectées par les conséquences de ces crimes.
Dans ce contexte, il a mis en avant les résultats positifs enregistrés ces dernières années. Le nombre de mesures de protection accordées aux victimes de la traite des êtres humains a connu une progression significative, passant de 55 mesures en 2022 à 400 mesures de protection en 2025, ce qui témoigne de l’efficacité de la politique de protection mise en œuvre.
Le Président du Ministère Public a également insisté sur l’importance de promouvoir la culture du signalement de ces crimes à travers les campagnes de sensibilisation et les programmes de communication lancés en partenariat avec les différents acteurs nationaux et internationaux.
En conclusion, il a souligné que la lutte efficace contre la traite des êtres humains et le trafic illicite des migrants nécessite un renforcement de la coopération judiciaire internationale, un échange accru d’informations et d’expertises, ainsi qu’une meilleure coordination des efforts visant à démanteler les réseaux criminels transnationaux et à lutter contre l’impunité, afin de contribuer à la protection de la dignité humaine et à la consolidation des principes de justice, de sécurité et de stabilité.
La rédaction/Le7tv