Zurich: Pleins feux sur « Casablanca Finance City » au Forum Économique Suisse-Maroc

Les opportunités et perspectives de développement qu’offre Casablanca Finance City (CFC) ont été sous le feux des projecteurs lors du Forum Suisse-Maroc 2026, organisé mercredi au siège de l’organisation patronale helvétique « economiesuisse » à Zurich.

 Casablanca Finance City s’affirme comme un levier structurant pour canaliser et amplifier les investissements internationaux en Afrique, a affirmé le directeur général de CFC Authority, Saïd Ibrahimi, mettant en avant le rôle croissant de la place financière casablancaise comme plateforme d’orchestration des opérations sur le continent.

Soulignant que la Suisse ne se contente pas de participer à l’économie mondiale mais contribue à la transformer, notamment en Afrique où elle figurait en 2021 parmi les principaux investisseurs européens, M. Ibrahimi a insisté sur la nécessité de passer à l’échelle avec efficacité et impact. Dans ce contexte, il a rappelé le choix stratégique opéré par le Maroc, il y a quinze ans, ayant permis de positionner aujourd’hui CFC comme un hub de référence regroupant près de 300 entreprises internationales.

Au-delà des chiffres, le DG de CFCA a mis l’accent sur la valeur opérationnelle de cet écosystème, conçu pour réduire la complexité inhérente aux marchés africains, marqués par la diversité des réglementations, des devises et des environnements économiques.

Selon lui, depuis Casablanca, les entreprises bénéficient d’une liberté totale de change, d’un cadre réglementaire efficace et de procédures simplifiées leur permettant de coordonner leurs activités à l’échelle du continent à partir d’une base stable et connectée à l’international.

« Nous ne demandons pas aux entreprises de se relocaliser, nous leur permettons d’orchestrer », a-t-il souligné, qualifiant CFC non pas de destination mais de « tremplin ».

M. Ibrahimi a relevé que ce modèle séduit déjà de nombreuses entreprises suisses opérant dans des secteurs variés, allant des infrastructures numériques aux sciences de la vie, en passant par les solutions industrielles et le négoce de matières premières.

Il a attribué cet engouement à une convergence naturelle entre l’expertise et la fiabilité suisses, et le potentiel de croissance et de transformation du continent africain.

Dans le domaine du trading de matières premières, où la Suisse occupe une position de premier plan, Casablanca permet notamment de relier les marchés globaux à une exécution locale efficace, a-t-il précisé.

Évoquant également la finance durable comme nouveau champ d’opportunités, il a annoncé le développement, en partenariat avec la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), d’un marché carbone africain visant à structurer et certifier des actifs carbone de haute qualité. Ce projet ambitionne de positionner l’Afrique au cœur des dynamiques financières de la prochaine décennie. Pour M. Ibrahimi, l’intérêt des acteurs suisses s’inscrit dans une logique de long terme, fondée sur la construction, la structuration et la pérennité des investissements, en phase avec les besoins du continent.

Insistant sur les mutations rapides de l’Afrique, de plus en plus intégrée, digitalisée et connectée, et portée par une population jeune et des économies parmi les plus dynamiques au monde, il a affirmé que la réussite sur ces marchés repose sur la proximité, la compréhension et le choix de la bonne plateforme.

« L’opportunité en Afrique est réelle, le momentum est là. La question est celle de l’exécution », a-t-il conclu, assurant que Casablanca Finance City se tient prête à accompagner les entreprises dans la transformation de leurs ambitions en projets structurés et créateurs de croissance.

De son côté, le directeur du Business Development et de la Coopération africaine de CFC, Aziz El Khyari, a présenté les spécificités opérationnelles du modèle de CFC, rappelant qu’il s’agit d’une zone économique spéciale « onshore » intégrée à Casablanca, offrant un accès direct au marché local tout en respectant les standards internationaux de régulation. Le dispositif repose sur plusieurs leviers, dont la libre circulation des capitaux, la possibilité d’opérer en devises étrangères, ainsi que des procédures accélérées pour le recrutement de talents internationaux.

Il a également mis en avant l’accompagnement proposé aux entreprises pour leur expansion en Afrique, à travers un réseau de partenariats institutionnels couvrant une large partie du continent et facilitant l’accès aux décideurs publics et privés. Ce modèle est complété par des incitations fiscales compétitives et par des initiatives structurantes, notamment le développement d’un marché carbone panafricain visant à valoriser le potentiel environnemental du continent.

Le Forum économique Suisse-Maroc a réuni des représentants institutionnels et des opérateurs économiques autour des opportunités de coopération bilatérale, mettant en lumière le rôle du Maroc en tant que hub régional et passerelle vers l’Afrique pour les investisseurs internationaux.

La rédaction/Le7tv