Le double attentat qui a frappé la ville de Blida ce lundi 13 avril marque un tournant inquiétant pour l’Algérie. Pour la première fois depuis plus d’une décennie, le terrorisme frappe à nouveau en plein cœur urbain, ravivant un traumatisme que le pays croyait enfoui.
Deux kamikazes ont ciblé le commissariat central de la ville, à une cinquantaine de kilomètres d’Alger. Si les forces de sécurité ont réagi rapidement, neutralisant les assaillants, l’attaque a tout de même fait des blessés et surtout envoyé un signal alarmant : la menace est de retour.
Mais au-delà des faits, c’est toute la responsabilité du régime militaire algérien qui se trouve aujourd’hui posée. Comment expliquer qu’un pays qui revendique un contrôle sécuritaire total soit incapable de prévenir une attaque de cette nature ? Comment justifier qu’après des années de discours sur la stabilité, le terrorisme refasse surface avec une telle audace ?
Ce drame réveille inévitablement le souvenir de la décennie noire (1992-2002), une période sanglante qui a coûté la vie à plus de 200.000 Algériens. À l’époque déjà, les défaillances du système, les luttes internes et la gestion opaque de la crise avaient plongé le pays dans une spirale de violence incontrôlable.
Aujourd’hui, les mêmes inquiétudes refont surface. Derrière une façade d’autorité, le pouvoir semble incapable de garantir une sécurité durable. Pire encore, l’absence de transparence et de communication crédible alimente les doutes et les spéculations.
Ce retour du terrorisme n’est pas un simple incident isolé. Il s’inscrit dans un contexte de tensions internes, de fragilités économiques et d’un système politique figé, où la priorité semble davantage être le maintien du pouvoir que la protection effective des citoyens.
Le risque est désormais clair : voir se réinstaller progressivement un climat d’insécurité généralisée, rappelant les heures les plus sombres de l’histoire récente du pays. Et face à cela, une question demeure : l’Algérie est-elle réellement sortie de la décennie noire… ou est-elle en train d’y replonger ?
Abderrazzak Boussaid/Le7tv