Inondations en Algérie : Le mythe de « la puissance régionale », balayé par la réalité des infrastructures en ruine

À chaque prise de parole officielle, le régime algérien se plaît à se présenter comme une « puissance régionale », un État fort, souverain et incontournable. Mais il suffit de quelques heures de pluie pour que ce récit soigneusement entretenu se fissure, puis s’effondre. Les intempéries qui ont frappé l’Algérie ces derniers jours ont brutalement mis à nu une réalité que la propagande tente désespérément de masquer : celle d’infrastructures délabrées, d’une gestion défaillante et d’un État incapable de protéger ses citoyens.

Des wilayas entières — de Relizane à Alger, de Blida à Béjaïa, de Chlef à Mascara — ont été submergées. Routes transformées en rivières, habitations inondées, balcons et toitures effondrés, glissements de terrain, véhicules emportés ou immobilisés… Les images diffusées massivement sur les réseaux sociaux ont parlé d’elles-mêmes. Elles ont montré un pays vulnérable, exposé, abandonné face à des phénomènes météorologiques pourtant loin d’être exceptionnels.

À Alger, censée incarner la vitrine de l’État, quelques précipitations ont suffi à provoquer la chute d’arbres, l’effondrement partiel de balcons, des glissements de terrain et l’inondation d’écoles et de quartiers entiers. Ailleurs, des familles ont dû être évacuées en urgence, des personnes piégées dans leurs domiciles ou leurs véhicules, et plusieurs vies ont été perdues. Un lourd tribut humain et matériel qui contraste violemment avec les discours triomphalistes martelés par les autorités.

Car derrière les slogans creux et les déclarations martiales, la réalité est implacable : absence d’entretien des réseaux d’assainissement, urbanisation anarchique, bâtiments vétustes, corruption endémique et politiques publiques dictées par la communication plutôt que par l’intérêt général. L’État qui prétend donner des leçons à ses voisins se révèle incapable de gérer l’écoulement des eaux pluviales ou de sécuriser des quartiers entiers face aux risques connus.

Ces catastrophes récurrentes ne sont pas une fatalité climatique. Elles sont le résultat direct de décennies de mauvaise gouvernance, de priorités inversées et d’un système plus préoccupé par le contrôle politique et la mise en scène de sa puissance que par l’investissement réel au service de la population.

La propagande peut multiplier les slogans, elle ne peut rien contre la force des images ni contre la souffrance des citoyens. Quand la pluie tombe, la vérité remonte à la surface : celle d’un régime qui fanfaronne à l’extérieur mais laisse son pays s’enfoncer à l’intérieur. Une prétendue puissance régionale qui vacille au premier orage, et dont les fondations, comme ses infrastructures, apparaissent chaque jour un peu plus fragiles.

Abderrazzak Boussaid/Le7tv