C’est l’un des mensonges les plus soigneusement entretenus par le régime militaire algérien : derrière les discours triomphalistes d’une prétendue « puissance régionale autoproclamée », l’Algérie se dirige tout droit vers un effondrement majeur. Selon de multiples analyses internationales, le pays pourrait être incapable de vivre de ses hydrocarbures dès la fin de 2026, et totalement privé de capacités d’exportation de pétrole et de gaz à l’horizon 2028. En langage géopolitique, cela signifie une chose : l’urgence est immédiate.
Dans les cercles financiers et économiques internationaux, le diagnostic est sans appel. L’Algérie fait face à une menace existentielle pour son modèle économique, entièrement dépendant d’une rente énergétique en fin de vie. Une catastrophe annoncée que la junte militaire au pouvoir s’acharne à dissimuler, préférant la propagande, la fuite en avant diplomatique et la répression interne à toute réforme structurelle sérieuse.
Un rapport international de référence, élaboré par les experts du Shift Project, think tank spécialisé dans les enjeux énergétiques mondiaux, avait déjà tiré la sonnette d’alarme dès 2020. Ses conclusions sont accablantes : la production algérienne de pétrole et de gaz est engagée dans un déclin irréversible, avec une chute sévère attendue dès la fin 2026 et une quasi-disparition à partir de 2028.
Classée aujourd’hui parmi les fournisseurs gaziers du sud de l’Europe, l’Algérie est décrite dans ce rapport comme une source appelée à se tarir rapidement, au point de devenir marginale puis inexistante en quelques années. Une réalité explosive que le pouvoir militaire refuse obstinément de regarder en face.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La production d’hydrocarbures est en recul continu depuis 2007, avec une baisse cumulée de près de 24 % entre 2007 et 2019. Cette tendance négative, déjà alarmante, devrait s’aggraver de manière brutale entre la fin 2026 et le début de 2028, précipitant le pays dans une zone de turbulences extrêmes.
Le rapport met en garde contre les conséquences politiques et sociales de cette situation, soulignant que le régime algérien repose presque exclusivement (98%) sur la rente pétrolière pour acheter la paix sociale et maintenir un système institutionnel fragile. Lorsque cette manne disparaîtra, c’est tout l’édifice du pouvoir qui vacillera.
Pire encore, le cercle vicieux est déjà enclenché. L’absence de diversification économique, la corruption systémique, l’incompétence managériale et la mainmise de l’armée sur l’économie bloquent toute transition crédible. L’Algérie avance ainsi vers un mur à pleine vitesse, conduite par une junte militaire déconnectée des réalités et incapable d’anticiper l’avenir.
Le rapport est formel : sans rupture immédiate et radicale avec le modèle rentier et sans sortie de la dépendance aux hydrocarbures, l’Algérie s’expose à une implosion sociale et à une faillite économique irréversible. Or, malgré un dinar algérien en chute libre, dépassant désormais les 300 dinars pour un euro, les dirigeants, vieux et séniles, persistent dans le déni, prisonniers d’un logiciel autoritaire et archaïque et d’une idéologie moribonde à la soviétique.
À force de cacher la vérité, de sacrifier l’avenir du pays à la survie d’un régime militaire mafieux, le pouvoir algérien prépare lui-même la tempête qu’il prétend redouter. Et cette fois, aucun slogan, aucune diversion extérieure, aucune manipulation médiatique ne suffira à masquer l’horreur de l’effondrement déjà annoncé.
Abderrazzak Boussaid