L’accord de pêche maritime liant le Royaume du Maroc et la Fédération de Russie entre désormais dans une phase opérationnelle déterminante, marquée par le lancement, côté russe, de la procédure officielle d’attribution des quotas de pêche dans les eaux atlantiques marocaines. En intégrant explicitement l’ensemble du littoral national, y compris celui des provinces du Sud, sa mise en œuvre concrète consacre sans ambiguïté l’exercice effectif de la souveraineté marocaine sur ses espaces maritimes et inscrit l’exploitation des ressources halieutiques dans un cadre juridique rigoureux, transparent et durable.
L’Agence fédérale russe des pêches a ainsi annoncé l’ouverture de la période de dépôt des candidatures destinées aux entreprises russes souhaitant bénéficier des quotas prévus par l’accord signé le 17 octobre dernier. Cette phase, qui s’étendra du 12 au 30 janvier 2026, fixe un calendrier clair et normé, garantissant l’égalité d’accès et la lisibilité du processus. Les quotas concernés portent exclusivement sur des espèces pélagiques — sardine, sardinelle, maquereau, chinchard et anchois — dans une logique de gestion maîtrisée des ressources et de préservation des équilibres biologiques marins.
La procédure d’attribution est encadrée par des règles strictes. Toute information inexacte ou incomplète entraîne l’exclusion automatique du processus, et les entreprises retenues seront tenues de respecter scrupuleusement la réglementation marocaine en vigueur, tant sur le plan technique qu’environnemental. Ce dispositif confirme que l’accès aux ressources halieutiques marocaines relève d’un cadre légal précis, fondé sur des critères objectifs, loin de toute approche informelle ou politisée.
Pour le Maroc, la portée de cet accord dépasse largement la dimension économique. En couvrant l’ensemble des côtes atlantiques du Royaume, y compris celles du Sahara marocain, le texte consacre de facto la souveraineté pleine et entière de Rabat sur ses eaux territoriales et ses ressources stratégiques. Il prévoit également des mécanismes de coopération scientifique et technique destinés à assurer le suivi des stocks, à renforcer la durabilité des captures et à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.
Cette avancée s’inscrit dans une stratégie plus globale de diversification et de sécurisation des partenariats internationaux du Maroc dans le domaine de la pêche. Face aux défis environnementaux croissants et aux aléas géopolitiques ayant affecté certains partenariats traditionnels, le Royaume privilégie des accords solidement encadrés, conciliant développement économique, protection des écosystèmes marins et affirmation de la souveraineté nationale sur l’ensemble de ses espaces maritimes.
À travers ce partenariat avec la Russie, le Maroc affirme une nouvelle fois sa posture de gestionnaire responsable et souverain de ses ressources halieutiques. En plaçant la durabilité, la transparence et le respect du droit au cœur de l’exploitation des quotas, le Royaume renforce sa crédibilité sur la scène internationale et consolide sa position dans les débats mondiaux relatifs à la gouvernance des océans et à la protection des ressources marines.
La rédaction/Le7tv